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   Le président Bouteflika évoque dans une interview à l'APS les réalisations du G15 et le développement global de l'Algérie

(extrait concernant le développement rural)

 


[Aps 17/9/06]  La Havane - Le président de la République, Abdelaziz  Bouteflika, a accordé une interview à l'APS...


Q : M. Le Président, à l'instar d'autres pays membres du G15, dans notre pays, les secteurs de l'agriculture et de l'hydraulique connaissent certaines contraintes qui se traduisent négativement sur le développement économique national. Quelle est la politique du gouvernement algérien pour apporter les solutions adéquates aux problèmes posés ?

R : L'Algérie s'étend sur une superficie de 2,38 millions de km2, dont 90 % correspondent à une zone désertique (Sahara), où les précipitations sont quasi nulles, mais qui recèle d'importantes ressources en eau souterraine. Le nord du pays (soit 10 %) est caractérisé par un climat méditerranéen et dispose de ressources en eau superficielle et souterraine renouvelables.

Les potentialités en eau en Algérie sont globalement estimées à 19 milliards de m3/an.

L'Algérie se situe à l'instar des 17 pays africains touchés par le déficit hydrique, dans la catégorie des pays pauvres en ressources hydriques au regard du seuil de rareté fixé par le PNUD ou celui de rareté par la Banque mondiale à 1000 m3/hab/an.

A ce jour, les ressources superficielles mobilisées, c'est-à-dire régularisées par les 57 grands barrages en exploitation, sont de 2,804 milliards de m3/an environ, sur une capacité de stockage de l'ordre de 5,705 milliards de m3. En ce qui concerne les eaux souterraines, les volumes exploités actuellement sont estimés à 3,5 milliards de m3/an.

Au total, les volumes mobilisables à partir des eaux superficielles et souterraines sont de l'ordre de 6,3 milliards de m3.

Cependant, les aléas climatiques observés ces deux dernières décennies ont mis en évidence le caractère très aléatoire des apports aux barrages et aux nappes souterraines, et ont sensibilisé les décideurs sur la nécessité de recourir aux ressources non conventionnelles (dessalement de l'eau de mer et réutilisation des eaux usées épurées).

Q : M. le Président, le développement rural, dimension fondamentale du développement économique national, occupe une place privilégiée dans les priorités de développement des pays membres du G15. Pourriez-vous nous parler de votre stratégie pour le développement rural en Algérie qui a toujours été au centre de vos préoccupations?

R : L'émergence dans le contexte national actuel de la question du développement rural n'est pas fortuite. Elle est la résultante de la mutation économique et sociale du pays. Elle découle de la nécessité de s'adapter aux exigences de cette mutation pour en contenir les effets pervers ou indésirables et promouvoir une autre image du monde rural.

Le développement rural et la revitalisation des espaces ruraux sont apparus comme des thèmes prioritaires. La politique de Renouveau Rural en a fait des objectifs prioritaires et propose les démarches appropriées visant la prise en charge de la problématique du développement rural qui peut être globalement résumée aux deux aspects essentiels suivants :

·  le déséquilibre entre les ressources naturelles limitées et fragiles et une pression sociale forte ne fait que s'accentuer,

·  le développement rural à promouvoir doit répondre à la diversité des territoires ruraux et à leurs potentialités, opportunités et contraintes spécifiques.

Ainsi, la Politique du Renouveau rural met l'accent sur la sécurité alimentaire des ménages ruraux, le rétablissement des équilibres écologiques et l'amélioration des conditions de vie des populations rurales, considérés comme des axes prioritaires en matière de développement rural.

Le diagnostic de la situation du milieu rural peut être valablement apprécié à partir de quatre grands constats :

Premier constat :

La population rurale augmente dans l'absolu et émergence de zones "tampons" vis-à-vis du milieu urbain.

Le poids de la population rurale, à fin 2005, est en progression, en comparaison avec 1998, même si en pourcentage par rapport à la population urbaine il baisse légèrement (13,3 millions à la fin 2005, 40 %) contre 12,2 millions en 1998 (42 %). 70 % des populations rurales ont moins de 30 ans.

A côté de l'augmentation de la population rurale, il y a lieu de relever une tendance à l'urbanisation du milieu rural autour d'agglomération et de pôles d'activités rurales, tendance qui traduit en quelque sorte, l'émergence de "zones tampons" vis-à-vis du milieu urbain. Cette forme d'urbanisation permet surtout d'atténuer la pression migratoire sur les centres urbains.

En termes d'espaces et de sécurité on relève que 979 communes, sur les 1541 que compte le pays, sont considérées comme totalement rurales. Elles se répartissent comme suit : 622 communes sur 1071, soit 58 % dans les wilayas du Nord, 246 communes sur 360, soit 68 % dans les wilayas des Hauts plateaux, et 111 communes sur 164, soit 67 % dans celles du Sud.

Deuxième constat :

L'indice de développement rural durable (IDRD) progresse.

L'indice moyen national de développement Rural Durable a progressé substantiellement ces 7 dernières années, il est passé de 0,31 en 1998 à 0,58 en 2005.

La progression du développement dans l'absolu et dans tous les secteurs est une réalité.

Troisième constat :

Même en progression ces dernières années, l'emploi en mi lieu rural reste à renforcer et à consolider.

La nature des emplois en milieu rural et leurs structures (travaux saisonniers, irréguliers, créneaux limités, importance de l'emploi administratif...), renseignent sur leurs fragilités et limitent les projections pour une population majoritairement jeune. D'où la nécessité d'agir dans cette phase de mutation et de renouveau rural pour renforcer la diversité économique en milieu rural.

L'indice de Développement Rural Durable (IDRD), et plus particulièrement ses indices composites, l'Indice de Développement Humain et Social (IDHS) et l'Indice de Développement de l'Economie Rurale (IDER), servent à mesurer les conditions de vie, d'éducation, de santé, de logement, d'électrification, de raccordement en alimentation en eau potable et au réseau d'assainissement.

Il renseigne aussi sur le poids du développement de l'économie rurale (agriculture et hors agriculture). Le logiciel SADDR constitue aussi un outil de renforcement des capacités d'intégration par la multiplicité de ses facettes et les possibilités d'utilisation qu'il offre.

La mutation du monde rural a besoin d'un accompagnement au plan financier pour que les activités et projets en milieu rural trouvent le soutien nécessaire à leur concrétisation. Dans ce cadre, la question du financement des activités en milieu rural revêt une importance primordiale en ce qu'elle conditionne la réalisation des actions et projets de développement que les ménages ruraux voudront initier pour assurer leur auto-développement.

La réaction favorable des agriculteurs à la création du FNRDA illustre parfaitement le lien fort entre la politique de soutien de l'Etat à une activité économique dominante. D'ailleurs, le soutien de l'Etat à l'agriculture à travers le FNRDA, s'est révélé un puissant levier de la politique de relance de l'investissement productif et du processus de modernisation des exploitations agricoles.

Outre le FNRDA, la création par la loi de finances pour 2003, du Fonds de Développement Rural et de la Mise en Valeur des Terres par la Concession (FDRMVTC), élargira davantage les possibilités de financement des programmes de développement rural puisque ce fonds finance une part substantielle du coût des projets de développement rural.

La création du Fonds de la Lutte Contre la Désertification et de Développement du Pastoralisme et de la Steppe (FLDPPS), est venue donner une dimension plus ''territorialisée'' à la politique de soutien de l'Etat et mettre en avant les aspects de lutte contre la désertification et de développement durable. La création du FLDPPS et du FDRMVCT marque une avancée certaine dans la conception du financement du développement agricole et rural qu'elle considère comme un tout indissociable.

Quatrième constat :

Les déséquilibres dans le développement global et aussi entre la dimension économique et sociale persistent.

Apparaissant rarement au niveau des agrégations wilayas, le développement au sein des territoires de chacune d'elle n'est pas homogène d'une commune à l'autre, l'écart mesurable varie de 1 à 20 au sein d'une même wilaya.

Le déséquilibre est encore plus prononcé entre la dimension économique et la dimension sociale du développement (la moyenne de l'Indice Humain et Social est de 0,60, alors que celle de l'Economie Rurale est de 0,34).

Ces quatre constats confirment la nécessité d'améliorer la gouvernance locale des territoires ruraux et renseignent sur la pertinence de la Politique de Renouveau Rural et de la stratégie adoptée pour sa mise en oeuvre.

L'objectif de la Politique du Renouveau Rural est de fournir le cadre et les modalités d'une revitalisation progressive des zones rurales par le biais d'une valorisation des activités économiques et des patrimoines naturel et humain.

Cette élaboration sur la base de nouvelles relations entre acteurs publics et privés s'inscrit dans un processus décentralisé et dans une dynamique de développement intégré et participatif.

Les politiques suivies jusqu'ici ont soit négligé les activités économiques, soit orienté les subventions et investissements exclusivement ou quasi exclusivement dans des créneaux identifiés comme porteurs au regard de l'économie nationale, à l'image de l'agriculture.

La Politique du Renouveau Rural propose des dispositifs d'accompagnement permettant de réorienter les efforts d'investissements et de promouvoir de nouvelles activités économiques en mettant à contribution les savoir-faire dans les territoires ruraux.

La stratégie nationale de développement du secteur de l'eau vise la sécurisation de l'alimentation en eau potable et l'amélioration du taux de couverture alimentaire à travers l'intensification de l'irrigation et le développement des superficies irriguées.

L'objectif de développement de l'irrigation dans la zone nord du pays (hors Sahara) vise l'extension des superficies des grands périmètres irrigués à 350.000 ha environ à l'horizon 2020 et le maintien des superficies actuellement irriguées en petite et moyenne hydraulique, soit 700.000 ha.

Le Plan National d'Actions Pour l'Environnement et le Développement Durable, tel qu'il a été adopté par le gouvernement algérien en juin 2002, définit des objectifs ambitieux capables de dépasser en deux décennies la situation actuelle de stress hydrique.

A l'horizon 2025, la population va croître à 42,0 millions, ce qui correspond à une augmentation de l'alimentation en eau de l'ordre de 30%.

Le développement industriel implique également une augmentation de la production et de la demande en eau estimée à 1,5% par an jusqu'à l'année 2025, soit une augmentation de 30% du total exigé par ce secteur.

Au niveau de l'agriculture, la demande en eau à 2025 est basée sur l'extension des superficies irrigables devant atteindre environ 900.000 à 1.000.000 ha.

La demande en eau totale va augmenter à 2025 à un niveau de 9 à 10 milliards de m3/an, selon les conditions climatiques considérées. En même temps, le total des ressources pourrait être augmenté pour atteindre un maximum de 8,5 milliards de m3 à 2020, en année de climatologie moyenne.

De ce fait, les ressources en eau disponibles assureront correctement les besoins en eau potable, alors que la demande en eau d'irrigation sera assurée avec un déficit acceptable.

Ces mesures sont une opportunité de créer une dynamique au sein des zones rurales en privilégiant le partenariat et la prise en compte des dimensions multiples des problèmes à traiter et des actions à engager. Ce partenariat permet de rapprocher les acteurs qui sont prêts à s'investir, d'établir un lien étroit entre besoins et ressources et de mieux prendre en compte les situations réelles des zones rurales.

En considérant le rôle déterminant des acteurs locaux dans la dynamique rurale, en privilégiant la prise en compte de toutes les activités existantes ou potentielles dans les territoires ruraux et en offrant un cadre de concertation et de partenariat et des modes d'insertion dans des formes contractuelles associées à des facilitations d'accès à des financements, la Politique du Renouveau Rural permet de se consacrer à des activités innovantes. La mise en oeuvre de ces activités innovantes passe aussi et peut être surtout par un travail d'identification des potentialités que décèlent les territoires ruraux dans des domaines oubliés ou autour de potentiels au sein des ressources naturelles et humaines non encore mises en valeur.

Le souci de valorisation s'inscrit dans un vision de rééquilibre des ressources et de leur accès afin d'éviter les situations de prédation. La Politique du Renouveau Rural doit concentrer ses actions sur la prise de conscience, à tous les niveaux et pour tous les publics (même hors des zones rurales) de la valeur de ces patrimoines.

Un autre effet favorable de l'approche globale qui permet enfin de contribuer aux bases de données, de construire les conditions de programmation annuelles et de fournir des éléments pour assurer les efforts de planification et construire les schémas régionaux dans une démarche ascendante.

Le PPDRI constitue l'outil d'intervention privilégié en zones rurales. Construit sur la base d'une démarche participative, il favorise l'intégration à la base de différentes interventions et ressources financières, budgets sectoriels et locaux par rapport aux objectifs visés.

Le PPDRI repose sur les principes de base suivants :

  • Montage ascendant des projets de proximité.

 

  • Organisation et codification de la participation des populations concernées.

 

  • Promotion des fonctions d'animation, de facilitation, de coordination et de mise en réseau.

 

  • Niveaux d'arbitrage : communautés (proposition et acceptation du projet formulé), daïras (confirmation du projet), administrations de wilayas (validation du projet), wali (approbation du projet).

 

  • Traitement des problématiques locales (lutte contre la désertification, développement de la pluriactivité, promotion des patrimoines et des savoir-faire locaux).

 

  • Priorités aux populations les plus enclavées.

 

  • Intégration de la dynamique du projet à celle de son territoire.

 

  • Synergie entre les investissements à usage collectif et à usage individuel.

 

  • Intégration à la base entre les dispositifs d'appui au développement économique et social.

 

  • Système de suivi d'évaluation et de contrôle par impacts.

 

Le SADDR est un système de diagnostic partagé du niveau de développement de la zone considérée, de visualisation de ses potentialités, d'orientation des interventions publiques et d'évaluation des impacts des différents programmes ou projets de développement mis en oeuvre.

Le concept de SADDR repose sur le croisement de variables socio-économiques et environnementales et de données sur les potentialités, par commune, wilaya, zone naturelle, zone de planification, grande région et au niveau national.

Il se structure en 3 dimensions (Humaines et sociale, économie rurale et protection de l'environnement), pour permettre la construction d'indicateurs et d'indices qui peuvent être utilisés comme éléments mesurant les objectifs à atteindre.

[Aps   17/9/06]

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  L'Algérie en mouvement : LE RENOUVEAU RURAL
(dossier publié le 13 février 2007 par le quotidien El Moudjahid)

 


L'Algérie est en passe de réussir la grande entreprise engagée ces dernières années de refondation de l'Etat, de démocratisation de la société grâce aux progrès enregistrés dans les domaines social, économique, culturel et institutionnel et à l'adaptation de son économie aux règles du marché pour dépasser la situation de crise multidimensionnelle subie au cours de la décennie 1990 et s'inscrire, de manière graduelle et résolue, dans le cadre des constantes évolutions économiques et sociales mondiales.

Cette profonde évolution s'opère dans une Algérie qui a retrouvé la paix et la sécurité. La volonté politique forte exprimée par SEM. Le Président de la  République Abdelaziz BOUTEFLIKA, a été consacrée par les actes majeurs et souverains  de notre peuple que furent l'adoption de la Concorde Civile puis de la Réconciliation Nationale, lesquelles ont induit un environnement favorable à l'engagement de notre pays dans une dynamique de modernité et de prospérité.

Réévaluer, corriger et renouveler nos approches de développement mais aussi innover, s'adapter et utiliser les méthodes de l'économie moderne fondée sur les connaissances, conditionnent les nécessaires étapes à franchir et les progrès à accomplir  pour  nous permettre de rattraper les retards enregistrés, et faire de ceux-ci des motifs suffisants pour introduire des technologies et méthodes de travail modernes à même d'intégrer et de maîtriser les exigences de la mondialisation.

Les exemples des pays émergents d'Asie, d'Amérique latine et de certains pays de l'ex-Europe de l'Est  sont là pour   témoigner de l'efficience de cette démarche.

C'est dans cet esprit et en connaissance des réalités du terrain et de l'état d'esprit des acteurs locaux, appréciés après une longue période de diagnostic et d'évaluation partagée au contact des populations concernées, d' experts nationaux et étrangers  et des autorités locales et nationales, que la politique de Renouveau rural a été adoptée en décembre 2006 par la conférence Gouvernement-Walis sous la présidence de SEM le Président de la République, ce qui a permit le lancement du programme de Soutien au Renouveau Rural pour la période 2007-2013.

Partagée, elle servira de référence pour tous ceux qui s'intéressent au monde rural et à son développement.  Elle permettra également d'alimenter les  débats qu'elle ne manquera pas de susciter pour, qu'à tous les niveaux, se renforcent et s'approfondissent les modes de partage des connaissances, d'intégration des actions et des programmes, de mutualisation des efforts et de bonne gouvernance des territoires au profit d'une importante frange de la population qui se considère, à tort ou à raison, comme oubliée ou marginalisée.

Envisagée dans ces conditions et fortement soulignée, la Politique de Renouveau Rural, qui s'inscrit dans le processus de renforcement de la réconciliation nationale, de la valorisation des ressources naturelles et patrimoniales et de la défense des valeurs culturelles,  exprimera l'intérêt grandissant et prometteur accordé au  Monde Rural.

Sur un autre plan et en tenant compte du nécessaire renforcement de l'ouverture de notre économie, notre conviction est que le marché ne pourra être promu de manière durable que dans une relation étroite avec les atouts des territoires où il s'exprime (glocalisation). Dans cette option, le marché lui-même imposera une meilleure identification, mobilisation et valorisation  des ressources et des potentialités locales et nationales.

Cette démarche prend toute sa signification dans le cas du développement  de l'Algérie profonde, d'autant plus que la mutation que connaît le Pays emprunte un chemin forcément difficile et exigeant au regard des multiples défis considérables qu'il s'est fixée, et dont la sauvegarde d'équilibres sociaux précaires, particulièrement en milieu rural, n'est pas des moindres.

C'est ainsi que  les actions de renforcement du cadre logique d'intervention dans le  milieu rural et le développement de nouveaux outils modernes et évolutifs  nécessaires pour le diagnostic, l'évaluation, l'analyse, la programmation et la   prospective s'imposent comme éléments centraux de la Politique de Renouveau Rural.


Aujourd'hui, ce recentrage et cette projection deviennent nécessaires et  s'imposent :

  • en termes de poids démographique (la population rurale, à fin 2005, est en progression, en comparaison avec 1998, même si son pourcentage par rapport à celui de la population urbaine baisse légèrement, 13.3 millions à fin 2005 (40%)  contre 12.2 millions en 1998 (42%)),

 

  • en termes d'espaces et de sécurité (979 sur les 1541 communes sont rurales),

 

  • et en termes d'avenir (70% des populations rurales ont moins de 30 ans).

 

De même, le climat de paix et de réconciliation nationale auquel a aspiré l'ensemble de la nation, met en place les conditions d'une perception renouvelée du monde rural. C'est  un espace totalement intégré dans l'effort national pour une croissance économique durable auquel il contribue avec ses potentialités et ses spécificités propres.

Cette vision positive du milieu rural encore vivace et prometteur , malgré plus de deux décades de situations difficiles, est d'autant plus nécessaire qu'elle est appelée à enclencher une forte mobilisation   des acteurs sociaux , économiques et  des institutions y compris politiques , autour d'un projet ambitieux et mobilisateur .

Le rural ne veut plus être synonyme de relégation et de précarité ; il aspire à plus de sérénité, de prospérité et de qualité supérieure de vie.

Puisant son inspiration et sa structuration des orientations, de SEM. le Président de la République, relatives au nécessaire développement équilibré et harmonieux du territoire national sans exclusion et sans marginalisation aucune, au renforcement de nos capacités pour une plus grande  maîtrise de notre insertion dans l'économie  régionale et mondiale, à la préservation de notre identité et de nos authenticités, à la gouvernance locale, au développement durable et à la protection de l'environnement, à l'équité dans l'accès aux prestations de base, à la décentralisation, à la transparence, à la nécessaire définition des rôles et missions de l'agriculture ainsi qu'au renforcement de la  cohésion sociale et territoriale, la Politique de Renouveau Rural tire aussi ses fondements d'un ensemble de considérants que l'on peut rapporter succinctement à ce qui suit : 

Les impératifs de la politique d'aménagement du territoire dont elle constitue une composante forte. La littoralisation et la polarisation excessives imposent comme première réaction la mise en œuvre d'une politique de développement rurale efficiente.  Cette dernière constitue aussi une réponse  structurée et cohérente à une série de contraintes ou handicaps qui plombent le développement d'espaces fragiles et de populations vulnérables.

La Politique de Renouveau Rural se propose de participer à mettre fin, progressivement, aux inégalités socio-économiques et territoriales encore existantes du fait de notre histoire  ou qui risquent de s'amplifier mécaniquement en conséquence de la réalisation de  programmes de développement polarisants.

La (re)conquête des espaces ruraux ou leur restructuration ou recomposition, la valorisation de leurs ressources naturelles et patrimoniales, la défense des valeurs culturelles et des identités produites par nos terroirs ne peuvent, en effet, se concevoir sans un développement équilibré garantissant l'avenir des zones rurales. Ce développement ne peut aussi tenir à l'écart du progrès des populations qui ont, dans l'histoire, été les gardiennes authentiques et permanentes des patrimoines naturels et culturels et de l'unité du territoire national.

L'aspiration forte de populations rurales, avides d'améliorer leurs conditions de vie au niveau de leurs territoires et de s'intégrer à la dynamique nationale de développement économique et social.

La solidarité nationale pour que le développement rural permette de restaurer un niveau de vie équitable pour les communautés rurales fragilisées socialement et offre une égalité des chances dans l'accès aux ressources nationales.

L'ouverture de nouvelles perspectives au monde rural, dans le cadre d'une insertion maîtrisée dans la mondialisation, par la valorisation optimale des ressources locales dans une perspective de renforcement des conditions de compétitivité et d'attractivité des territoires ruraux.

Parler de renouveau rural à partir d'une analyse sereine du passé pour mieux appréhender l'avenir, recentrer les concepts, redéfinir les objectifs assignés au monde rural sont dès lors autant de pistes de réflexion, à soutenir pour renforcer la réponse au besoin pressant qui est entrain de s'exprimer à plusieurs niveaux pour rendre opérationnel cette vision rénovée du Monde Rural, tenant compte de ses spécificités, de ses potentialités, de ses contraintes mais aussi de ses ambitions. Le monde rural n'en manque pas  pour peu que les conditions propices à leur expression soient réunies et pour autant que la volonté politique forte, et affichée au plus haut niveau soit assumée et partagée par l'ensemble des acteurs politiques et sociaux  pour s'exprimer avec plus de force au niveau du terrain.

Les incertitudes qui accompagnent tout processus de transition, à fortiori dans un contexte mondial en rapide évolution, commandent de saisir les opportunités offertes par une ouverture qui peut être porteuse d'une dynamique de progrès souvent sous-estimée ou ignorée. Le contexte national actuel marqué par des conditions financières favorables offre l'occasion d'engager un processus résolu visant la revitalisation des territoires ruraux et l'amélioration des conditions de vie des populations. Dans cette perspective, la modernisation de près de 3000 villages et ksour, la diversification de l'économie rurale, et d'une manière générale l'amélioration des conditions et du cadre de vie et de travail des populations rurales, sont des chantiers prioritaires qui doivent recueillir toute l'attention requise pour que la cohésion sociale et l'équilibre du territoire national se renforcent.

La politique de renouveau rural met en avant l'idée selon laquelle il n'est point de développement sans intégration des interventions et sans une mutualisation des ressources et moyens. Elle a, pour ce faire et pour assurer les conditions de sa concrétisation, mis en place les conditions au plan des approches de développement rural, des outils de diagnostic, de programmation, d'intégration intersectorielle et d'évaluation, ce qui permet d'envisager le développement rural  sur des bases nouvelles, fiables et durables.

En mettant l'accent sur la décentralisation et la responsabilisation des acteurs au niveau local et sur le développement rural participatif,  elle se situe délibérément dans le cadre de la refonte de l'Etat, de la démocratisation de la société et de la bonne gouvernance des territoires ruraux.

Cette vision ne va pas sans une large diffusion de la culture de la « transversalité » et de la « territorialité » auprès des institutions publiques concernées par le développement rural.

La politique de renouveau rural postule le renforcement des capacités des institutions en charge du développement rural et de celles des acteurs impliqués dans sa mise en œuvre ainsi que la mise en place d'un cadre législatif permettant d'encadrer le développement des territoires ruraux dans leurs diversités et spécificités. Ce sont là des conditions minimales à réunir pour que le développement rural s'inscrive dans un processus durable et efficient.

En outre, la réflexion sur le devenir du monde rural ne saurait être complète si elle était restreinte au seul cadre national. C'est pourquoi, elle doit prendre en compte les interdépendances entre Etats, entre régions ou encore entre communautés dans un monde qui évolue vite dans le cadre d'un processus de globalisation qui remet en cause des situations acquises et des convictions solidement ancrées.

Innovante, la politique de renouveau rural est une politique en phase et en harmonie avec les exigences de la transition que connaît l'Algérie.

Un environnement favorable : sécurité, décentralisation et partenariat


Avec la présentation des acquis de la stratégie, l'année 2006 marque une rupture qui a permis l'élaboration de la Politique de Renouveau Rural. L'élargissement des perspectives d'application des principes de la stratégie de développement rural durable a été rendu possible du fait d'un environnement favorable. Les conditions d'une politique de renouveau rural ont été remplies grâce à :

  • La Déclaration du Président de la République : « Compte tenu de son histoire passée et récente, de ses réalités et de ses moyens, de ses ambitions et perspectives, notre pays appréhende le développement équilibré de ses territoires et notamment dans sa composante développement rural comme une nécessité sécuritaire, sociale, économique, culturelle et environnementale. »

 

  • L'amélioration de la sécurité en milieu rural

 

  • L'extension de la politique de décentralisation et de relance

 

  • Le partenariat élargi avec les autres institutions intervenant en milieu rural

 

Les phases d'élaboration qui ont conduit à la politique du renouveau rural





Les principes directeurs de la PRR sont les suivants :

  • Le renforcement des conditions d'un développement harmonieux et équilibré

 

  • Le renforcement de la cohésion sociale et lutte contre la marginalisation et l'exclusion

 

  • Le renforcement de la complémentarité entre les espaces urbains et ruraux

 

  • L'organisation de la synergie entre les projets et les programmes et mutualisation des efforts

 

  • L'implication de la société civile et renforcement de la politique participative

 

  • La construction de projets de manière ascendante (de bas en haut)

 

  • Le renforcement des opérations de décentralisation qui ne doivent en aucun cas pénaliser les plus vulnérables et notamment dans les zones rurales les plus enclavées
  • Le renforcement de l'équité et l'égalité pour l'accès aux ressources (Informations, Financement, Ressources Naturelles).




La mise en œuvre de la PRR nécessite un accompagnement à tous les niveaux. Celui-ci va comprendre plusieurs activités qui mises ensemble, constituent le Programme de Soutien au Renouveau rural (PSRR). Il comporte, bien entendu, les procédures et outils décrits dans les autres documents de la Politique et de la Stratégie.

Il cherche à répondre aux objectifs du renouveau rural en fournissant un cadre et des modalités de revitalisation progressive des zones rurales. Il vise aussi à faciliter l'appropriation de la dynamique de développement rural par les acteurs et partenaires multiples, de manière à les responsabiliser.

Le PSRR va donc viser à :

  • accompagner et appuyer les organisations locales (associations, unions professionnelles), les entreprises (publiques, privées ou coopératives), les élus des collectivités territoriales de manière à ce qu'elles puissent s'insérer dans la dynamique du renouveau rural et préparer et réaliser leurs activités de développement économiques ou sociales ;

 

  • accompagner et appuyer les services techniques des différents ministères partenaires et des autorités décentralisées pour promouvoir le développement rural dans la willaya en assurant des appuis techniques et méthodologiques et en assurant la planification remontante que suppose l'application de la stratégie de renouveau rural.   


Pour réaliser ce soutien, un certain nombre de critères vont permettre de regrouper des personnes qui par leurs qualifications, leurs expériences et la qualité des liens tissés avec les populations rurales, les prédisposent à assurer ces fonctions d'accompagnement, d'animation et de conseils aux différents partenaires. Des Cellules d'animation rurale (au niveau de la Daïra) et des Cellules de développement rural (au niveau de la Willaya) sont ainsi organisées. Elles sont complétées par les appuis spécialisés qu'apportent les Comités techniques de Daïra et de Wilaya mis en place par les Walis.


L'ampleur de la mobilisation des acteurs et partenaires, ainsi que la complexité des domaines à couvrir rend complexe le dispositif proposé. Pour prendre en compte ces deux aspects, il est prévu une montée en puissance progressive de la mise en œuvre de la Politique de Renouveau Rural, au sein des zones rurales. Le PSRR est donc échelonné sur 7 années (2007-2013).


Le point de départ du PSRR est constitué par les initiatives locales matérialisées dans les PPDRI, présentés par les porteurs de projets, selon les procédures décrites plus haut. Les projets sont rattachés à l'un des quatre Programmes par objectifs :

  • Modernisation  et/ou  réhabilitation d'un village ou d'un K'sar

 

  • Protection et valorisation des ressources naturelles (forêt, steppe, oasis, montagne, littoral)

 

  • Protection et valorisation du patrimoine rural matériel (produits du terroir, bâtis, préservation des sites et des produits historiques et culturels, valorisation des manifestations traditionnelles...)

 

  • Diversification des activités économiques en milieu rural (tourisme rural ; artisanat, produits locaux, valorisation des sites culturels, PME/PMI, Énergies renouvelables, Technologies de l'Information et de la Communication ...)


En plus du rattachement à ces 4 Programmes par objectifs, les PPDRI retenus doivent venir alimenter deux niveaux de programmation territoriale. D'une part, ils constituent le Programme de Développement Rural Intégré de la Daïra (PDRID) et d'autre part, en agrégeant les différentes Daïras, ils s'insèrent dans un Programme de Développement Rural Intégré de la Wilaya (PDRIW).

Les activités à mettre en œuvre sont rassemblées autour de cinq dispositifs principaux :

  • Les mécanismes et procédures qui permettent au partenariat de s'épanouir, à la concertation de se dérouler, aux dimensions intersectorielles d'être considérées, aux négociations entre attentes locales et exigences nationales d'être arbitrées, aux initiatives et projets de proximité d'être préparés, soumis et financés et aux actions de bénéficier d'un accompagnement, d'un suivi et d'une coordination.

 

  • La circulation  de l'information qui constitue l'élément déterminant du bon fonctionnement des procédures  et mécanismes précédents. L'information, avec son échange, son partage, son accès facilité, est le flux primordial qui circule entre les niveaux (verticalement) et au sein de chacun d'eux (horizontalement) entre les partenaires et acteurs de la dynamique de développement rural. Il peut s'agir de communication à large échelle, ou de flux d'informations spécialisées selon les besoins de chaque acteur ou de la SNDRD elle-même. Les supports sont multiples, classiques ou novateurs et doivent être adaptés aux utilisateurs et aux besoins de communication entre eux. 

 

  • Le renforcement institutionnel est indispensable pour permettre aux institutions et aux hommes qui les composent de se mettre en phase avec les attentes exprimées par la Stratégie. Il porte sur plusieurs aspects convergents. En premier lieu les améliorations introduites dans les mandats des structures existantes qu'elles soient issues de la sphère publique ou des organisations rurales. En second lieu la formation aux nouveaux mécanismes et à l'utilisation des outils et instruments de la stratégie afin de renforcer les capacités des uns et des autres.

 

  • La facilitation est reconnue comme importante car elle permet de favoriser les mécanismes et leur utilisation, notamment par ceux des acteurs qui jusqu'à présent étaient plus passifs. Elle se différencie de l'encadrement qui était utilisé dans les approches antérieures pour orienter dans une direction préétablie les comportements des ruraux, et de la vulgarisation dont l'objectif essentiel est de faire passer un message. Cette vision nouvelle vise à faire évoluer les modalités traditionnelles d'intervention et les réflexes d'assistanat habituellement rencontrées. Elle donne une place au rôle des animateurs et facilitateurs, à la mise en réseau plus direct entre les acteurs que ce soit dans le domaine technique, méthodologique ou commercial et elle s'appuie aussi sur les formes contractuelles susceptibles de sceller les conditions du partenariat.

 

  • Le financement des actions, projets et initiatives issues de la démarche de développement rural est à considérer dans ses dimensions multiples. Le financement peut se faire par les fonds propres, par des fonds de soutien que l'Etat et ses institutions spécialisées mobilisent ou par le recours au crédit bancaire, sur la base d'une capacité d'épargne des demandeurs. Il est aussi conditionné par l'intérêt social des initiatives et l'intérêt économique et financier qu'elles peuvent générer.



Le Plan d'Opération du PSRR



Les éléments suivants caractérisent le Plan d'opération du PSSR :

  • Le PSRR est organisé en 3 phases : une phase de lancement, une phase de d'évaluation/consolidation et une phase de généralisation, échelonnées sur 6 années.

 

  • Les 3 phases concernent la préparation et la mise en œuvre des PPDRI et les trois niveaux d'agrégation (Plans de développement rural intégré des Daïra, des Wilayas qui constituent le PSRR)

 

  • Elles concernent les différents acteurs institutionnels, aux trois niveaux de partenariat :

 

    • le niveau local avec les porteurs de projets (individus, familles rurales, producteurs, exploitants agricoles, éleveurs, artisans, commerçants, petits entrepreneurs, etc.),

 

    • le niveau intermédiaire avec les instances d'accompagnement et d'appuis (Cellule d'animation des Daïras et comités techniques des Daïras et des Wilayas),

 

    • le niveau central avec les ministères directement ou indirectement impliqués (le Ministre Délégué chargé du Développement Rural pour ce qui concerne les mécanismes et méthodologies, le Ministère de l'Intérieur pour ce qui concerne les collectivités territoriales, le Ministère des Finances pour ce qui concerne les inscriptions budgétaires).

 

Les 19 Directives prises lors de la Conférence Gouvernement-Walis de décembre 2006 sont regroupées en 2 groupes de décision : celles relatives au lancement et la mise en œuvre du PSRR (1 à 7) et celles concernant les mesures d'accompagnement prises par les ministères concernés (8 à 19).

Les actions se rattachent à une ou plusieurs des 5 catégories de dispositifs de soutien (mécanismes et procédures, circulation de l'information, renforcement institutionnel, facilitation et financement).

Elles sont organisées au regard des procédures de budgétisation des financements.

 

Calendrier opérationnel du PSRR 2007-2013


Lancement de la Phase pilote de la mise en œuvre du PSRR (début 2007)

Le Ministère de l'Intérieur et des Collectivités Locales/Walis-Chefs de Daïras

Mécanismes et procédures de circulation de l'information :

Actualisation du Système d'Aide à la Décision pour le Développement Rural (SADDR) en vue de son évolution en Système National d'Aide à la Décision pour le Développement Durable (SNADDD).

Renforcement institutionnel et facilitation :

  • Institutionnalisation des Comités Techniques de Daïras et de Wilayas chargés respectivement de la confirmation et de la validation des Projets de Proximité de Développement Rural Intégrés (PPDRI).

 

  • Institution des Cellules d'Animation de Développement Rural par Daïra et si nécessaire dans certaines communes (à l'appréciation du Wali).

Circulation de l'information et formation :

  • Organisation de séances d'information et de formation autour de La Note Méthodologique pour la mise en œuvre des PPDRI au niveau de chaque Daïra étendue aux Responsables des communes.

 

  • Renforcement institutionnel et circulation de l'information
  • Établissement de la liste des Associations et des Organisations rurales susceptibles d'être mobilisées dans la mise en œuvre des PPDRI et transmission pour la base de données.

 

  • Mécanismes, procédures et facilitation


Formulation des PPDRI autour des axes suivants :

  • Un village ou un K'sar par Daïra, hors chef lieu de commune à moderniser et/ou à réhabiliter;

 

  • Un PPDRI par commune construit autour de l'objectif de « Protection et valorisation des ressources naturelles » (forêt, steppe, oasis, montagne, littoral) ;

 

  • Un  PPDRI par commune construit autour de l'objectif  « Protection et valorisation du patrimoine rural matériel ou immatériel »  (produits du terroir, préservation des sites culturels,...) ;

 

  • Un  PPDRI par commune construit autour de l'objectif « Diversification des activités économiques en milieu rural »  (tourisme rural; artisanat, produits locaux, valorisation des sites culturels, PME/PMI, énergies renouvelables, TIC, etc.).

 

Les actions prévues sont les suivantes : désignation d'un animateur et d'un facilitateur, examen des informations disponibles, organisation de réunions avec les porteurs de projets pour le préparation du PPDRI, identification des impacts et des besoins de financement, confirmation du projet par le Comité Technique de Daïra et présentation pour validation au Comité Technique de Wilaya, approbation par le Wali et transmission aux instances nationales.

 

Première évaluation de la Phase Pilote et identification des Programmes Rural Intégrés de Wilaya
(Lois de Finances 2007 et 2008)
(juillet 2007 Réunion Gouvernement-Walis)

 


Facilitation et financement


Sur la base des atouts, des contraintes, du rythme de rattrapage et en fonction des capacités d'organisation évalués sur la base de la 1ère  phase pilote, identifier le Programme de Développement Rural Intégré de la Wilaya (PDRIW) par sous-programmes et construit dans la démarche PPDRI à réaliser courant second semestre 2007 et l'année 2008.

Seconde évaluation  et identification des PDRIW (Lois de finances 2009-2013) Décembre 2007 - Réunion Gouvernement-Walis.

Mécanismes, procédures et financement

Sur la base de l'évaluation de la mise en œuvre des Programmes de Développement Rural Intégrés par Wilaya et après éventuelle actualisation des nomenclatures et de quelques procédures de mécanismes utilisés dans l'encadrement des projets, préparer la consolidation (2008) et la généralisation  (2009-2013) du Programme de Soutien au Renouveau Rural (PSRR) par wilaya.

Mesures à prendre par différents Ministères


Le Ministère des Finances

  • Financement et mécanismes et procédures

 

  • Création par la loi de finances complémentaire 2007 auprès du Ministre de l'Intérieur et des Collectivités d'un Compte Spécial abritant les ressources destinées au Programme de Soutien au Renouveau Rural (PSRR) et dont l'ordonnancement sera confié à chaque Wali.

 

  • A  l'effet de faire émerger un guichet unique dans les zones rurales qui sera utilisé en début du processus : la banque (La BADR spécialisée dans le financement de l'agriculture et du développement rural ) recevra les dossiers des porteurs de projets inscrits dans un PPDRI, les évaluera  et apposera sa décision qui constituera une donnée au titre de différents dispositifs publics (ANSEJ-CNAC-PME-FNDIA-FDRMVTC ...).

 

  • Pour contourner l'insuffisance d'apport en ressources des promoteurs et l'insuffisance de garanties, les différents fonds intervenant dans le dispositif de soutien aux activités économiques seront orientés en dépenses vers cet objectif (garantie, apport financier,  bonification ...).

 

  • La BADR, voir plusieurs banques publiques et la CNMA, étudieront la possibilité de création d'une filiale dédiée à la micro-finance uniquement

 

  • Renforcement des opérations du Cadastre Général et l'assainissement du Foncier agricole  


Pour le Ministre Délégué chargé du Développement Rural

  • Mécanismes et procédures et circulation de l'information

 

  • Faire évoluer le Système d'Aide à la Décision pour le Développement Rural (SADDR) en Système National d'Aide à la Décision pour le Développement Durable (SNADDD)

 

  • Conception et élaboration d'un logiciel de suivi-évaluation par impact des Programmes de Développement Rural Intégré par Wilaya (PDRIW) et du Programme de Soutien (SIPSRR) et formation des utilisateurs


Renforcement institutionnel et formation

  • Élaboration du Programme de renforcement des capacités humaines et de l'assistance technique et lancement de sa mise en œuvre au profit des administrations locales, des organisations rurales (associations, organisations professionnelles,  femmes rurales, et autres ...)


Mécanismes et procédures et circulation de l'information

  • Ouvrir un chantier pour l'élaboration d'un code rural  et mise en place d'un groupe de travail et de consultants spécialisés

 

  • Proposer au Gouvernement la création d'un Observatoire dédié au Développement Rural


Le Ministère de la Communication

  • Élaboration d'un plan de communication et d'actions aux fins de réduction des distances avec la réalisation d'émissions spécialisées, la mobilisation des radios locales et l'étude de la création d'une chaîne thématique télévisuelle.

 

 

 Jeunesse : Faillite de l'Etat
(Document publié le 24 octobre 2007 par le Quotidien d'Oran)

 

 

Le président de la République a reconnu hier, que l'Etat a failli dans la prise en charge de la jeunesse, en s'abstenant d'investir dans l'immatériel entre autres le sentiment patriotique, les repères identitaires et culturels ainsi que les valeurs fondamentales de la société et de la République.

Ce
constat, Bouteflika l'a fait par rapport à son évaluation de l'état du pays en matière de développement matériel (au vrai sens du terme). Il dira sur un ton amer que «je ne connais pas beaucoup de pays qui ont consenti autant de moyens pour satisfaire les besoins des jeunes, qui ont accordé d'aussi importants budgets dans le domaine de la culture ou du sport ». Il s'impose des rappels. « Près de 10 millions de nos enfants se trouvent aujourd'hui dans les écoles, les universités et les centres de formation. Des milliers d'infrastructures sportives et culturelles ont été réalisées. Depuis le début de la décennie actuelle, l'Etat a consacré près de 150 milliards de DA au seul secteur de la Jeunesse et des sports dans le cadre des programmes d'équipement ». Il note aussi « des centaines, voire des milliers de projets ont été réalisés dans les autres secteurs en charge de la Jeunesse (...), des fruits de cet effort (...) le taux de succès au baccalauréat a dépassé pour la première fois la barre des 50 % (...), l'effectif des étudiants avoisine le million et les centres de formation professionnelle accueillent aujourd'hui plus de 500.000 jeunes ».

Mais il en vient à l'essentiel et affirme que « la cellule familiale s'est déstructurée et n'a pas été remplacée par une cellule saine, ce qui a provoqué la perte de la jeunesse et c'est notre sujet aujourd'hui ». Le chef de l'Etat avoue « ce problème (NDRL : la jeunesse) constitue un des aspects, sans doute le plus grave, du problème général que pose la poursuite du processus de redressement national ». Ainsi reconnaît-il, « malgré l'importance du travail accompli pour la création d'un environnement favorable au développement de la jeunesse et à son insertion active dans la société, de graves problèmes menacent aujourd'hui la nouvelle génération ». Aussi dit-il, « les politiques nationales n'ont pas toujours été à la hauteur des attentes de nos jeunes. Elles ont en particulier manqué d'efficacité et de cohérence du fait de l'absence de mécanismes opérationnels de concertation et de coordination des diverses institutions chargées des questions de la jeunesse ». Le constat de « la déconnexion de la relation entre les jeunes et l'action des pouvoirs publics » est ainsi établi. Résultat : « notre jeunesse s'est progressivement enlisée dans une crise profonde qui se manifeste en particulier par un affaiblissement du sentiment patriotique, une perte des repères identitaires et culturels, un éloignement des valeurs fondamentales de la société et par de grandes difficultés à se doter de perspectives d'avenir », constate le chef de l'Etat. Il estime que ce sont là « autant de signes qui prédisposent le jeune à toutes sortes de déviances et d'extrémismes et l'exposent, souvent injustement, à la stigmatisation collective ». Pour en déduire que « cette crise - car c'en est bien une - doit être traitée avec courage et lucidité ». Pour Bouteflika, « nous devons résorber le décalage des approches antérieures, par rapport à un contexte plus complexe, où l'environnement social ne joue plus le même rôle intégrateur et les parcours individuels de plus en plus erratiques, avec comme conséquence une fragilisation de la condition juvénile, une perte de confiance dans les systèmes décisionnels publics et une forte désaffection vis-à-vis de la vie publique en général ». Il ne manquera pas à l'évidence d'évoquer « les harragas, néologisme affreux et tragique qui illustre la gravité de la crise de la jeunesse » et « le phénomène des kamikazes » pour affirmer que «le problème du devenir et de l'avenir des jeunes est plus que jamais posé aux pouvoirs publics ». Il interpelle « l'Etat et les collectivités locales sur leur politique de la jeunesse, (...) surtout en ce qui concerne les mesures nécessaires destinées à mettre nos jeunes à l'abri de l'instrumentalisation à des fins criminelles, à les dissuader de la recherche désespérée des visas pour l'étranger ». A sa question « comment redonner à nos jeunes confiance en leurs propres capacités et dans les institutions de leur pays ? », le président avance comme réponse l'initiation d'une politique nationale et son inscription « dans une démarche globale, intégrative et coordonnée autour des objectifs de promotion du scoutisme et des activités éducatives, du sport scolaire, de l'éducation à la citoyenneté, de l'insertion sociale, l'animation culturelle, scientifique et de loisirs, de l'écoute, du dialogue, de l'information et la communication ainsi que de la prévention et la sauvegarde de la jeunesse ». A la seule condition selon lui, que « les différents secteurs de l'Etat lui-même ayant en partage la lourde responsabilité de la jeunesse, s'accordent sur les objectifs stratégiques et les actions prioritaires à mener pour répondre aux besoins des jeunes (...)».

En plus « d'une implication et d'une participation plus active des jeunes eux-mêmes dans l'édification de leur avenir», il plaide pour « une approche intersectorielle » pour « une meilleure synchronisation des programmes et des activités propres à chacun des secteurs en charge des jeunes ainsi que des associations de jeunesse». Le président demande pour cela qu'il soit apporté les correctifs nécessaires aux dispositifs actuels, aux systèmes d'enseignement, notamment celui professionnel. « L'Etat doit également aider à l'émergence d'une vie associative rénovée et la soutenir dans le cadre d'un vrai partenariat », dit-il. Il lance un appel aux jeunes pour « s'organiser et auront pour cela tout le soutien des autorités et pourront participer pleinement à la conception et à la réalisation des projets qui les concernent (...)».

 

 

  20 Douars revitalisés par le PPDRI
(Document publié le 31 octobre 2007 par le quotidien Le Maghreb )

 

 

Le désenclavement des agglomérations rurales et montagneuses demeure un axe prioritaire inscrit par l'autorité de wilaya dans le programme de développement local. La période d'insécurité a accentué la paupérisation de ces établissements humains qui ont subi un flux migratoire important. Etant démunie de tous moyens d'existence et confinée dans un état d'isolement et de précarité, cette population a été privée durant une longue période de toutes infrastructures et commodités nécessaires à la vie. Pour revitaliser ces espaces ruraux et stabiliser la population sur ses terres, des actions soutenues qui se traduisent par les projets de proximité de développement rural intégrés (PPDRI) ont été lancés depuis l'année 2004 au profit des populations des communes déshéritées  de six (06) daïras, en l'occurrence Sidi Amar, Damous, Gouraya, Cherchell, Ahmer El Aïn et Bou Ismaïl.
 

Ce programme de développement rural qui vise à créer des synergies entre les dimensions économiques, sociales et environnementales est  fondé sur des actions collectives et individuelles à même d'améliorer les conditions de vie et de sécurité alimentaires des populations en milieu rural.
 

En effet, onze communes qui englobent vingt douars les plus reculés ont bénéficié du PPDRI qui a permis la plantation de 85 000 arbres fruitiers et l'acquisition de 5 000 ruches pleines, constituant ainsi des sources de revenus non négligeables pour les agriculteurs. Aussi pour faciliter l'accès des usagers dans les chaînes montagneuses inaccessibles, il a été procédé, grâce à ce programme, à l'aménagement et à l'ouverture de 91 km de pistes.
 

Le renforcement de l'AEP des zones rurales n'est pas en reste étant donné que 41 puits et 7 sources ont été aménagés et réhabilités en plus de l'opération de l'amélioration foncière sur une superficie de 78 ha.
 

L'impact de ces projets au niveau de la wilaya de Tipasa a fait renaître l'espoir dans 20 douars si bien que 1300 ménages vivent de ces projets et 1700 emplois ont été créés. Une enveloppe budgétaire de 225 millions DA a été allouée pour concrétiser toutes ces actions.

 

 

   Lutte contre la pauvreté dans le monde : le développement rural à la rescousse
(Document publié le 03 novembre  2007 par le quotidien L'Expression )

 


Le développement rural constitue une aubaine pour les pays émergents dans leur démarche de lutte contre la pauvreté. En Algérie, s’il y a bien un secteur où existe une stratégie d’action, c’est bien celui du développement rural. Une politique de restructuration et de redynamisation a été tracée cela depuis quelques années. Ainsi,  ce secteur a été indiqué par les institutions financières internationales comme un moyen de lutte contre la pauvreté. Le dernier rapport de le Banque mondiale intitulé - L’agriculture au service du développement  - vient de soulever l’ampleur et l’intérêt du développement. Le but majeur est de venir en aide à environ 600 millions de ruraux dans le monde qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. De ce fait, l’urgence d’investir et de pousser la charrue vers l’avant, est une priorité à laquelle tous les pays, y compris les pays en mutation, doivent se consacrer. Dès l’année 2000, le gouvernement algérien a intégré le secteur du développement rural au centre de ses préoccupations en lançant plusieurs programmes de réhabilitation. Cette nouvelle vision s’est basée sur une logique d’un plan national qui consiste à exploiter d’une manière rationnelle le territoire national, le valorisation et l’exploitation des ressources naturelles, ainsi qu’une opportunité de protéger et valoriser le patrimoine historique  et culturel Sur les 1 541 communes que compte l’Algérie, 948 sont rurales. Un nombre humain très important qui avoisine plus de 13 millions. Ce qui signifie que la relance d’un secteur pareil est loin d’être impossible. Néanmoins, les constatations faites à ce sujet restent alarmistes. Relève-t-il d’un dysfonctionnement au niveau du terrain ? Si le programme est appliqué de sorte à avoir plus de prospérité, pourquoi sommes-nous, après presque 5 ans du lancement de ce projet,  en panne de bons résultats ? Dans un cadre méditerranéen, l’Algérie a établi un autre plan de développement avec les pays de la rive méditerranéenne. Un programme qui s’étale de 2007 à 2013 pour adopter de nouvelles formes du renouveau rural.

Le rapport recommande l’amélioration du climat des investissements afin de favoriser les activités rurales non agricoles. Aussi, des programmes d’emplois pourraient être mis en place pour une réelle réactivation rurale.

Dans le continent asiatique, seulement la partie est a fait preuve d’avancement. « En Asie de l’Est,  la croissance  agricole a permis de faire reculer considérablement la pauvreté rurale au cours des 15 dernières années », a expliqué François Bourguignon, économiste en chef à la Banque mondiale et premier vice-président en économie du développement. S’agissant des habitants du Sud, le nombre des ruraux pauvres ne cesse d’augmenter.

Les économies en mutation rapide doivent passer de la révolution verte à  une nouvelle agriculture à forte  valeur ajoutée, car la montée en flèche des revenus urbains et  la demande des villes en  produits à  forte  valeur ajoutée sont entrain de devenir les moteurs de la croissance agricole et de la réduction de la pauvretéindique-t-on dans le rapport. « Partout  dans le  monde les pays doivent aplanir les différences de traitement dans les échanges commerciaux, et les associations de producteurs agricoles et les autres organisations locales doivent être impliquées davantage dans la définition des politiques », a-t-il  ajouté.

 

 

 

 سنة   2008 ستكون الانطلاقة الفعلية لبرنامج التجديد الريفي : ألف خلية للتنشيط الريفي و5 ملايير دينار لدعم المش