Articles à lire

 

20 Douars revitalisés par le PPDRI  ( Le Maghreb  31 octobre 2007 )

Lutte contre la pauvreté dans le monde : le développement rural à la rescousse (L'Expression le 03 novembre  2007 )

 سنة 2008 ستكون الانطلاقة الفعلية لبرنامج التجديد الريفي : ألف خلية للتنشيط ا لريفي و5 ملايير دينار لدعم المشاريع  (El Khabar le 14 novembre  2007)

L’exode rural continue à Béjaïa :  Le programme de renouveau à l’épreuve du terrain (El Watan le 19 novembre 2007 )

5 milliards de dinars pour les jeunes (L'Expression le 19 novembre 2007 )

Crise agricole, crise du développement (El Watan le 24 novembre 2007)

Rachid BENAISSA dans l'Est du pays  :  Loin des promesses électorales (Liberté le 27 novembre 2007 )

Sétif : 2,7 milliards de dinars pour la réalisation de projets ruraux de proximité  (El Moudjahid le  24 décembre  2007 )

Ain Témouchent : engouement pour le programme de développement rural intégré (Liberté-Economie du 26.12.2007 au 01.01.2008)

El-Bayadh : les cellules d’activités de proximité planchent sur plusieurs projets (Hebdomadaire Liberté-Economie du 26.12.2007 au 01.01.2008)

Renouveau rural : Valoriser les systèmes d’information (Le Maghreb du 29 décembre 2007)

 

   Le président Bouteflika évoque dans une interview à l'APS les réalisations du G15 et le développement global de l'Algérie

(extrait concernant le développement rural)

 


[Aps 17/9/06]  La Havane - Le président de la République, Abdelaziz  Bouteflika, a accordé une interview à l'APS...


Q : M. Le Président, à l'instar d'autres pays membres du G15, dans notre pays, les secteurs de l'agriculture et de l'hydraulique connaissent certaines contraintes qui se traduisent négativement sur le développement économique national. Quelle est la politique du gouvernement algérien pour apporter les solutions adéquates aux problèmes posés ?

R : L'Algérie s'étend sur une superficie de 2,38 millions de km2, dont 90 % correspondent à une zone désertique (Sahara), où les précipitations sont quasi nulles, mais qui recèle d'importantes ressources en eau souterraine. Le nord du pays (soit 10 %) est caractérisé par un climat méditerranéen et dispose de ressources en eau superficielle et souterraine renouvelables.

Les potentialités en eau en Algérie sont globalement estimées à 19 milliards de m3/an.

L'Algérie se situe à l'instar des 17 pays africains touchés par le déficit hydrique, dans la catégorie des pays pauvres en ressources hydriques au regard du seuil de rareté fixé par le PNUD ou celui de rareté par la Banque mondiale à 1000 m3/hab/an.

A ce jour, les ressources superficielles mobilisées, c'est-à-dire régularisées par les 57 grands barrages en exploitation, sont de 2,804 milliards de m3/an environ, sur une capacité de stockage de l'ordre de 5,705 milliards de m3. En ce qui concerne les eaux souterraines, les volumes exploités actuellement sont estimés à 3,5 milliards de m3/an.

Au total, les volumes mobilisables à partir des eaux superficielles et souterraines sont de l'ordre de 6,3 milliards de m3.

Cependant, les aléas climatiques observés ces deux dernières décennies ont mis en évidence le caractère très aléatoire des apports aux barrages et aux nappes souterraines, et ont sensibilisé les décideurs sur la nécessité de recourir aux ressources non conventionnelles (dessalement de l'eau de mer et réutilisation des eaux usées épurées).

Q : M. le Président, le développement rural, dimension fondamentale du développement économique national, occupe une place privilégiée dans les priorités de développement des pays membres du G15. Pourriez-vous nous parler de votre stratégie pour le développement rural en Algérie qui a toujours été au centre de vos préoccupations?

R : L'émergence dans le contexte national actuel de la question du développement rural n'est pas fortuite. Elle est la résultante de la mutation économique et sociale du pays. Elle découle de la nécessité de s'adapter aux exigences de cette mutation pour en contenir les effets pervers ou indésirables et promouvoir une autre image du monde rural.

Le développement rural et la revitalisation des espaces ruraux sont apparus comme des thèmes prioritaires. La politique de Renouveau Rural en a fait des objectifs prioritaires et propose les démarches appropriées visant la prise en charge de la problématique du développement rural qui peut être globalement résumée aux deux aspects essentiels suivants :

·  le déséquilibre entre les ressources naturelles limitées et fragiles et une pression sociale forte ne fait que s'accentuer,

·  le développement rural à promouvoir doit répondre à la diversité des territoires ruraux et à leurs potentialités, opportunités et contraintes spécifiques.

Ainsi, la Politique du Renouveau rural met l'accent sur la sécurité alimentaire des ménages ruraux, le rétablissement des équilibres écologiques et l'amélioration des conditions de vie des populations rurales, considérés comme des axes prioritaires en matière de développement rural.

Le diagnostic de la situation du milieu rural peut être valablement apprécié à partir de quatre grands constats :

Premier constat :

La population rurale augmente dans l'absolu et émergence de zones "tampons" vis-à-vis du milieu urbain.

Le poids de la population rurale, à fin 2005, est en progression, en comparaison avec 1998, même si en pourcentage par rapport à la population urbaine il baisse légèrement (13,3 millions à la fin 2005, 40 %) contre 12,2 millions en 1998 (42 %). 70 % des populations rurales ont moins de 30 ans.

A côté de l'augmentation de la population rurale, il y a lieu de relever une tendance à l'urbanisation du milieu rural autour d'agglomération et de pôles d'activités rurales, tendance qui traduit en quelque sorte, l'émergence de "zones tampons" vis-à-vis du milieu urbain. Cette forme d'urbanisation permet surtout d'atténuer la pression migratoire sur les centres urbains.

En termes d'espaces et de sécurité on relève que 979 communes, sur les 1541 que compte le pays, sont considérées comme totalement rurales. Elles se répartissent comme suit : 622 communes sur 1071, soit 58 % dans les wilayas du Nord, 246 communes sur 360, soit 68 % dans les wilayas des Hauts plateaux, et 111 communes sur 164, soit 67 % dans celles du Sud.

Deuxième constat :

L'indice de développement rural durable (IDRD) progresse.

L'indice moyen national de développement Rural Durable a progressé substantiellement ces 7 dernières années, il est passé de 0,31 en 1998 à 0,58 en 2005.

La progression du développement dans l'absolu et dans tous les secteurs est une réalité.

Troisième constat :

Même en progression ces dernières années, l'emploi en mi lieu rural reste à renforcer et à consolider.

La nature des emplois en milieu rural et leurs structures (travaux saisonniers, irréguliers, créneaux limités, importance de l'emploi administratif...), renseignent sur leurs fragilités et limitent les projections pour une population majoritairement jeune. D'où la nécessité d'agir dans cette phase de mutation et de renouveau rural pour renforcer la diversité économique en milieu rural.

L'indice de Développement Rural Durable (IDRD), et plus particulièrement ses indices composites, l'Indice de Développement Humain et Social (IDHS) et l'Indice de Développement de l'Economie Rurale (IDER), servent à mesurer les conditions de vie, d'éducation, de santé, de logement, d'électrification, de raccordement en alimentation en eau potable et au réseau d'assainissement.

Il renseigne aussi sur le poids du développement de l'économie rurale (agriculture et hors agriculture). Le logiciel SADDR constitue aussi un outil de renforcement des capacités d'intégration par la multiplicité de ses facettes et les possibilités d'utilisation qu'il offre.

La mutation du monde rural a besoin d'un accompagnement au plan financier pour que les activités et projets en milieu rural trouvent le soutien nécessaire à leur concrétisation. Dans ce cadre, la question du financement des activités en milieu rural revêt une importance primordiale en ce qu'elle conditionne la réalisation des actions et projets de développement que les ménages ruraux voudront initier pour assurer leur auto-développement.

La réaction favorable des agriculteurs à la création du FNRDA illustre parfaitement le lien fort entre la politique de soutien de l'Etat à une activité économique dominante. D'ailleurs, le soutien de l'Etat à l'agriculture à travers le FNRDA, s'est révélé un puissant levier de la politique de relance de l'investissement productif et du processus de modernisation des exploitations agricoles.

Outre le FNRDA, la création par la loi de finances pour 2003, du Fonds de Développement Rural et de la Mise en Valeur des Terres par la Concession (FDRMVTC), élargira davantage les possibilités de financement des programmes de développement rural puisque ce fonds finance une part substantielle du coût des projets de développement rural.

La création du Fonds de la Lutte Contre la Désertification et de Développement du Pastoralisme et de la Steppe (FLDPPS), est venue donner une dimension plus ''territorialisée'' à la politique de soutien de l'Etat et mettre en avant les aspects de lutte contre la désertification et de développement durable. La création du FLDPPS et du FDRMVCT marque une avancée certaine dans la conception du financement du développement agricole et rural qu'elle considère comme un tout indissociable.

Quatrième constat :

Les déséquilibres dans le développement global et aussi entre la dimension économique et sociale persistent.

Apparaissant rarement au niveau des agrégations wilayas, le développement au sein des territoires de chacune d'elle n'est pas homogène d'une commune à l'autre, l'écart mesurable varie de 1 à 20 au sein d'une même wilaya.

Le déséquilibre est encore plus prononcé entre la dimension économique et la dimension sociale du développement (la moyenne de l'Indice Humain et Social est de 0,60, alors que celle de l'Economie Rurale est de 0,34).

Ces quatre constats confirment la nécessité d'améliorer la gouvernance locale des territoires ruraux et renseignent sur la pertinence de la Politique de Renouveau Rural et de la stratégie adoptée pour sa mise en oeuvre.

L'objectif de la Politique du Renouveau Rural est de fournir le cadre et les modalités d'une revitalisation progressive des zones rurales par le biais d'une valorisation des activités économiques et des patrimoines naturel et humain.

Cette élaboration sur la base de nouvelles relations entre acteurs publics et privés s'inscrit dans un processus décentralisé et dans une dynamique de développement intégré et participatif.

Les politiques suivies jusqu'ici ont soit négligé les activités économiques, soit orienté les subventions et investissements exclusivement ou quasi exclusivement dans des créneaux identifiés comme porteurs au regard de l'économie nationale, à l'image de l'agriculture.

La Politique du Renouveau Rural propose des dispositifs d'accompagnement permettant de réorienter les efforts d'investissements et de promouvoir de nouvelles activités économiques en mettant à contribution les savoir-faire dans les territoires ruraux.

La stratégie nationale de développement du secteur de l'eau vise la sécurisation de l'alimentation en eau potable et l'amélioration du taux de couverture alimentaire à travers l'intensification de l'irrigation et le développement des superficies irriguées.

L'objectif de développement de l'irrigation dans la zone nord du pays (hors Sahara) vise l'extension des superficies des grands périmètres irrigués à 350.000 ha environ à l'horizon 2020 et le maintien des superficies actuellement irriguées en petite et moyenne hydraulique, soit 700.000 ha.

Le Plan National d'Actions Pour l'Environnement et le Développement Durable, tel qu'il a été adopté par le gouvernement algérien en juin 2002, définit des objectifs ambitieux capables de dépasser en deux décennies la situation actuelle de stress hydrique.

A l'horizon 2025, la population va croître à 42,0 millions, ce qui correspond à une augmentation de l'alimentation en eau de l'ordre de 30%.

Le développement industriel implique également une augmentation de la production et de la demande en eau estimée à 1,5% par an jusqu'à l'année 2025, soit une augmentation de 30% du total exigé par ce secteur.

Au niveau de l'agriculture, la demande en eau à 2025 est basée sur l'extension des superficies irrigables devant atteindre environ 900.000 à 1.000.000 ha.

La demande en eau totale va augmenter à 2025 à un niveau de 9 à 10 milliards de m3/an, selon les conditions climatiques considérées. En même temps, le total des ressources pourrait être augmenté pour atteindre un maximum de 8,5 milliards de m3 à 2020, en année de climatologie moyenne.

De ce fait, les ressources en eau disponibles assureront correctement les besoins en eau potable, alors que la demande en eau d'irrigation sera assurée avec un déficit acceptable.

Ces mesures sont une opportunité de créer une dynamique au sein des zones rurales en privilégiant le partenariat et la prise en compte des dimensions multiples des problèmes à traiter et des actions à engager. Ce partenariat permet de rapprocher les acteurs qui sont prêts à s'investir, d'établir un lien étroit entre besoins et ressources et de mieux prendre en compte les situations réelles des zones rurales.

En considérant le rôle déterminant des acteurs locaux dans la dynamique rurale, en privilégiant la prise en compte de toutes les activités existantes ou potentielles dans les territoires ruraux et en offrant un cadre de concertation et de partenariat et des modes d'insertion dans des formes contractuelles associées à des facilitations d'accès à des financements, la Politique du Renouveau Rural permet de se consacrer à des activités innovantes. La mise en oeuvre de ces activités innovantes passe aussi et peut être surtout par un travail d'identification des potentialités que décèlent les territoires ruraux dans des domaines oubliés ou autour de potentiels au sein des ressources naturelles et humaines non encore mises en valeur.

Le souci de valorisation s'inscrit dans un vision de rééquilibre des ressources et de leur accès afin d'éviter les situations de prédation. La Politique du Renouveau Rural doit concentrer ses actions sur la prise de conscience, à tous les niveaux et pour tous les publics (même hors des zones rurales) de la valeur de ces patrimoines.

Un autre effet favorable de l'approche globale qui permet enfin de contribuer aux bases de données, de construire les conditions de programmation annuelles et de fournir des éléments pour assurer les efforts de planification et construire les schémas régionaux dans une démarche ascendante.

Le PPDRI constitue l'outil d'intervention privilégié en zones rurales. Construit sur la base d'une démarche participative, il favorise l'intégration à la base de différentes interventions et ressources financières, budgets sectoriels et locaux par rapport aux objectifs visés.

Le PPDRI repose sur les principes de base suivants :

  • Montage ascendant des projets de proximité.

 

  • Organisation et codification de la participation des populations concernées.

 

  • Promotion des fonctions d'animation, de facilitation, de coordination et de mise en réseau.

 

  • Niveaux d'arbitrage : communautés (proposition et acceptation du projet formulé), daïras (confirmation du projet), administrations de wilayas (validation du projet), wali (approbation du projet).

 

  • Traitement des problématiques locales (lutte contre la désertification, développement de la pluriactivité, promotion des patrimoines et des savoir-faire locaux).

 

  • Priorités aux populations les plus enclavées.

 

  • Intégration de la dynamique du projet à celle de son territoire.

 

  • Synergie entre les investissements à usage collectif et à usage individuel.

 

  • Intégration à la base entre les dispositifs d'appui au développement économique et social.

 

  • Système de suivi d'évaluation et de contrôle par impacts.

 

Le SADDR est un système de diagnostic partagé du niveau de développement de la zone considérée, de visualisation de ses potentialités, d'orientation des interventions publiques et d'évaluation des impacts des différents programmes ou projets de développement mis en oeuvre.

Le concept de SADDR repose sur le croisement de variables socio-économiques et environnementales et de données sur les potentialités, par commune, wilaya, zone naturelle, zone de planification, grande région et au niveau national.

Il se structure en 3 dimensions (Humaines et sociale, économie rurale et protection de l'environnement), pour permettre la construction d'indicateurs et d'indices qui peuvent être utilisés comme éléments mesurant les objectifs à atteindre.

[Aps   17/9/06]

APS (c) 2006. Tous droits réservés
Algérie Presse Service- Avenue des frères Bouadou- Bir Mourad Rais- Alger, Algérie -
Tel ++213 (0)21 564444 - Fax ++213 (0)21 440312 - ++213 (0)21 541608
e.mail webmaster: aps@aps.dz----Direction commerciale: dcm@aps.dz



  L'Algérie en mouvement : LE RENOUVEAU RURAL
(dossier publié le 13 février 2007 par le quotidien El Moudjahid)

 


L'Algérie est en passe de réussir la grande entreprise engagée ces dernières années de refondation de l'Etat, de démocratisation de la société grâce aux progrès enregistrés dans les domaines social, économique, culturel et institutionnel et à l'adaptation de son économie aux règles du marché pour dépasser la situation de crise multidimensionnelle subie au cours de la décennie 1990 et s'inscrire, de manière graduelle et résolue, dans le cadre des constantes évolutions économiques et sociales mondiales.

Cette profonde évolution s'opère dans une Algérie qui a retrouvé la paix et la sécurité. La volonté politique forte exprimée par SEM. Le Président de la  République Abdelaziz BOUTEFLIKA, a été consacrée par les actes majeurs et souverains  de notre peuple que furent l'adoption de la Concorde Civile puis de la Réconciliation Nationale, lesquelles ont induit un environnement favorable à l'engagement de notre pays dans une dynamique de modernité et de prospérité.

Réévaluer, corriger et renouveler nos approches de développement mais aussi innover, s'adapter et utiliser les méthodes de l'économie moderne fondée sur les connaissances, conditionnent les nécessaires étapes à franchir et les progrès à accomplir  pour  nous permettre de rattraper les retards enregistrés, et faire de ceux-ci des motifs suffisants pour introduire des technologies et méthodes de travail modernes à même d'intégrer et de maîtriser les exigences de la mondialisation.

Les exemples des pays émergents d'Asie, d'Amérique latine et de certains pays de l'ex-Europe de l'Est  sont là pour   témoigner de l'efficience de cette démarche.

C'est dans cet esprit et en connaissance des réalités du terrain et de l'état d'esprit des acteurs locaux, appréciés après une longue période de diagnostic et d'évaluation partagée au contact des populations concernées, d' experts nationaux et étrangers  et des autorités locales et nationales, que la politique de Renouveau rural a été adoptée en décembre 2006 par la conférence Gouvernement-Walis sous la présidence de SEM le Président de la République, ce qui a permit le lancement du programme de Soutien au Renouveau Rural pour la période 2007-2013.

Partagée, elle servira de référence pour tous ceux qui s'intéressent au monde rural et à son développement.  Elle permettra également d'alimenter les  débats qu'elle ne manquera pas de susciter pour, qu'à tous les niveaux, se renforcent et s'approfondissent les modes de partage des connaissances, d'intégration des actions et des programmes, de mutualisation des efforts et de bonne gouvernance des territoires au profit d'une importante frange de la population qui se considère, à tort ou à raison, comme oubliée ou marginalisée.

Envisagée dans ces conditions et fortement soulignée, la Politique de Renouveau Rural, qui s'inscrit dans le processus de renforcement de la réconciliation nationale, de la valorisation des ressources naturelles et patrimoniales et de la défense des valeurs culturelles,  exprimera l'intérêt grandissant et prometteur accordé au  Monde Rural.

Sur un autre plan et en tenant compte du nécessaire renforcement de l'ouverture de notre économie, notre conviction est que le marché ne pourra être promu de manière durable que dans une relation étroite avec les atouts des territoires où il s'exprime (glocalisation). Dans cette option, le marché lui-même imposera une meilleure identification, mobilisation et valorisation  des ressources et des potentialités locales et nationales.

Cette démarche prend toute sa signification dans le cas du développement  de l'Algérie profonde, d'autant plus que la mutation que connaît le Pays emprunte un chemin forcément difficile et exigeant au regard des multiples défis considérables qu'il s'est fixée, et dont la sauvegarde d'équilibres sociaux précaires, particulièrement en milieu rural, n'est pas des moindres.

C'est ainsi que  les actions de renforcement du cadre logique d'intervention dans le  milieu rural et le développement de nouveaux outils modernes et évolutifs  nécessaires pour le diagnostic, l'évaluation, l'analyse, la programmation et la   prospective s'imposent comme éléments centraux de la Politique de Renouveau Rural.


Aujourd'hui, ce recentrage et cette projection deviennent nécessaires et  s'imposent :

  • en termes de poids démographique (la population rurale, à fin 2005, est en progression, en comparaison avec 1998, même si son pourcentage par rapport à celui de la population urbaine baisse légèrement, 13.3 millions à fin 2005 (40%)  contre 12.2 millions en 1998 (42%)),

 

  • en termes d'espaces et de sécurité (979 sur les 1541 communes sont rurales),

 

  • et en termes d'avenir (70% des populations rurales ont moins de 30 ans).

 

De même, le climat de paix et de réconciliation nationale auquel a aspiré l'ensemble de la nation, met en place les conditions d'une perception renouvelée du monde rural. C'est  un espace totalement intégré dans l'effort national pour une croissance économique durable auquel il contribue avec ses potentialités et ses spécificités propres.

Cette vision positive du milieu rural encore vivace et prometteur , malgré plus de deux décades de situations difficiles, est d'autant plus nécessaire qu'elle est appelée à enclencher une forte mobilisation   des acteurs sociaux , économiques et  des institutions y compris politiques , autour d'un projet ambitieux et mobilisateur .

Le rural ne veut plus être synonyme de relégation et de précarité ; il aspire à plus de sérénité, de prospérité et de qualité supérieure de vie.

Puisant son inspiration et sa structuration des orientations, de SEM. le Président de la République, relatives au nécessaire développement équilibré et harmonieux du territoire national sans exclusion et sans marginalisation aucune, au renforcement de nos capacités pour une plus grande  maîtrise de notre insertion dans l'économie  régionale et mondiale, à la préservation de notre identité et de nos authenticités, à la gouvernance locale, au développement durable et à la protection de l'environnement, à l'équité dans l'accès aux prestations de base, à la décentralisation, à la transparence, à la nécessaire définition des rôles et missions de l'agriculture ainsi qu'au renforcement de la  cohésion sociale et territoriale, la Politique de Renouveau Rural tire aussi ses fondements d'un ensemble de considérants que l'on peut rapporter succinctement à ce qui suit : 

Les impératifs de la politique d'aménagement du territoire dont elle constitue une composante forte. La littoralisation et la polarisation excessives imposent comme première réaction la mise en œuvre d'une politique de développement rurale efficiente.  Cette dernière constitue aussi une réponse  structurée et cohérente à une série de contraintes ou handicaps qui plombent le développement d'espaces fragiles et de populations vulnérables.

La Politique de Renouveau Rural se propose de participer à mettre fin, progressivement, aux inégalités socio-économiques et territoriales encore existantes du fait de notre histoire  ou qui risquent de s'amplifier mécaniquement en conséquence de la réalisation de  programmes de développement polarisants.

La (re)conquête des espaces ruraux ou leur restructuration ou recomposition, la valorisation de leurs ressources naturelles et patrimoniales, la défense des valeurs culturelles et des identités produites par nos terroirs ne peuvent, en effet, se concevoir sans un développement équilibré garantissant l'avenir des zones rurales. Ce développement ne peut aussi tenir à l'écart du progrès des populations qui ont, dans l'histoire, été les gardiennes authentiques et permanentes des patrimoines naturels et culturels et de l'unité du territoire national.

L'aspiration forte de populations rurales, avides d'améliorer leurs conditions de vie au niveau de leurs territoires et de s'intégrer à la dynamique nationale de développement économique et social.

La solidarité nationale pour que le développement rural permette de restaurer un niveau de vie équitable pour les communautés rurales fragilisées socialement et offre une égalité des chances dans l'accès aux ressources nationales.

L'ouverture de nouvelles perspectives au monde rural, dans le cadre d'une insertion maîtrisée dans la mondialisation, par la valorisation optimale des ressources locales dans une perspective de renforcement des conditions de compétitivité et d'attractivité des territoires ruraux.

Parler de renouveau rural à partir d'une analyse sereine du passé pour mieux appréhender l'avenir, recentrer les concepts, redéfinir les objectifs assignés au monde rural sont dès lors autant de pistes de réflexion, à soutenir pour renforcer la réponse au besoin pressant qui est entrain de s'exprimer à plusieurs niveaux pour rendre opérationnel cette vision rénovée du Monde Rural, tenant compte de ses spécificités, de ses potentialités, de ses contraintes mais aussi de ses ambitions. Le monde rural n'en manque pas  pour peu que les conditions propices à leur expression soient réunies et pour autant que la volonté politique forte, et affichée au plus haut niveau soit assumée et partagée par l'ensemble des acteurs politiques et sociaux  pour s'exprimer avec plus de force au niveau du terrain.

Les incertitudes qui accompagnent tout processus de transition, à fortiori dans un contexte mondial en rapide évolution, commandent de saisir les opportunités offertes par une ouverture qui peut être porteuse d'une dynamique de progrès souvent sous-estimée ou ignorée. Le contexte national actuel marqué par des conditions financières favorables offre l'occasion d'engager un processus résolu visant la revitalisation des territoires ruraux et l'amélioration des conditions de vie des populations. Dans cette perspective, la modernisation de près de 3000 villages et ksour, la diversification de l'économie rurale, et d'une manière générale l'amélioration des conditions et du cadre de vie et de travail des populations rurales, sont des chantiers prioritaires qui doivent recueillir toute l'attention requise pour que la cohésion sociale et l'équilibre du territoire national se renforcent.

La politique de renouveau rural met en avant l'idée selon laquelle il n'est point de développement sans intégration des interventions et sans une mutualisation des ressources et moyens. Elle a, pour ce faire et pour assurer les conditions de sa concrétisation, mis en place les conditions au plan des approches de développement rural, des outils de diagnostic, de programmation, d'intégration intersectorielle et d'évaluation, ce qui permet d'envisager le développement rural  sur des bases nouvelles, fiables et durables.

En mettant l'accent sur la décentralisation et la responsabilisation des acteurs au niveau local et sur le développement rural participatif,  elle se situe délibérément dans le cadre de la refonte de l'Etat, de la démocratisation de la société et de la bonne gouvernance des territoires ruraux.

Cette vision ne va pas sans une large diffusion de la culture de la « transversalité » et de la « territorialité » auprès des institutions publiques concernées par le développement rural.

La politique de renouveau rural postule le renforcement des capacités des institutions en charge du développement rural et de celles des acteurs impliqués dans sa mise en œuvre ainsi que la mise en place d'un cadre législatif permettant d'encadrer le développement des territoires ruraux dans leurs diversités et spécificités. Ce sont là des conditions minimales à réunir pour que le développement rural s'inscrive dans un processus durable et efficient.

En outre, la réflexion sur le devenir du monde rural ne saurait être complète si elle était restreinte au seul cadre national. C'est pourquoi, elle doit prendre en compte les interdépendances entre Etats, entre régions ou encore entre communautés dans un monde qui évolue vite dans le cadre d'un processus de globalisation qui remet en cause des situations acquises et des convictions solidement ancrées.

Innovante, la politique de renouveau rural est une politique en phase et en harmonie avec les exigences de la transition que connaît l'Algérie.

Un environnement favorable : sécurité, décentralisation et partenariat


Avec la présentation des acquis de la stratégie, l'année 2006 marque une rupture qui a permis l'élaboration de la Politique de Renouveau Rural. L'élargissement des perspectives d'application des principes de la stratégie de développement rural durable a été rendu possible du fait d'un environnement favorable. Les conditions d'une politique de renouveau rural ont été remplies grâce à :

  • La Déclaration du Président de la République : « Compte tenu de son histoire passée et récente, de ses réalités et de ses moyens, de ses ambitions et perspectives, notre pays appréhende le développement équilibré de ses territoires et notamment dans sa composante développement rural comme une nécessité sécuritaire, sociale, économique, culturelle et environnementale. »

 

  • L'amélioration de la sécurité en milieu rural

 

  • L'extension de la politique de décentralisation et de relance

 

  • Le partenariat élargi avec les autres institutions intervenant en milieu rural

 

Les phases d'élaboration qui ont conduit à la politique du renouveau rural





Les principes directeurs de la PRR sont les suivants :

  • Le renforcement des conditions d'un développement harmonieux et équilibré

 

  • Le renforcement de la cohésion sociale et lutte contre la marginalisation et l'exclusion

 

  • Le renforcement de la complémentarité entre les espaces urbains et ruraux

 

  • L'organisation de la synergie entre les projets et les programmes et mutualisation des efforts

 

  • L'implication de la société civile et renforcement de la politique participative

 

  • La construction de projets de manière ascendante (de bas en haut)

 

  • Le renforcement des opérations de décentralisation qui ne doivent en aucun cas pénaliser les plus vulnérables et notamment dans les zones rurales les plus enclavées
  • Le renforcement de l'équité et l'égalité pour l'accès aux ressources (Informations, Financement, Ressources Naturelles).




La mise en œuvre de la PRR nécessite un accompagnement à tous les niveaux. Celui-ci va comprendre plusieurs activités qui mises ensemble, constituent le Programme de Soutien au Renouveau rural (PSRR). Il comporte, bien entendu, les procédures et outils décrits dans les autres documents de la Politique et de la Stratégie.

Il cherche à répondre aux objectifs du renouveau rural en fournissant un cadre et des modalités de revitalisation progressive des zones rurales. Il vise aussi à faciliter l'appropriation de la dynamique de développement rural par les acteurs et partenaires multiples, de manière à les responsabiliser.

Le PSRR va donc viser à :

  • accompagner et appuyer les organisations locales (associations, unions professionnelles), les entreprises (publiques, privées ou coopératives), les élus des collectivités territoriales de manière à ce qu'elles puissent s'insérer dans la dynamique du renouveau rural et préparer et réaliser leurs activités de développement économiques ou sociales ;

 

  • accompagner et appuyer les services techniques des différents ministères partenaires et des autorités décentralisées pour promouvoir le développement rural dans la willaya en assurant des appuis techniques et méthodologiques et en assurant la planification remontante que suppose l'application de la stratégie de renouveau rural.   


Pour réaliser ce soutien, un certain nombre de critères vont permettre de regrouper des personnes qui par leurs qualifications, leurs expériences et la qualité des liens tissés avec les populations rurales, les prédisposent à assurer ces fonctions d'accompagnement, d'animation et de conseils aux différents partenaires. Des Cellules d'animation rurale (au niveau de la Daïra) et des Cellules de développement rural (au niveau de la Willaya) sont ainsi organisées. Elles sont complétées par les appuis spécialisés qu'apportent les Comités techniques de Daïra et de Wilaya mis en place par les Walis.


L'ampleur de la mobilisation des acteurs et partenaires, ainsi que la complexité des domaines à couvrir rend complexe le dispositif proposé. Pour prendre en compte ces deux aspects, il est prévu une montée en puissance progressive de la mise en œuvre de la Politique de Renouveau Rural, au sein des zones rurales. Le PSRR est donc échelonné sur 7 années (2007-2013).


Le point de départ du PSRR est constitué par les initiatives locales matérialisées dans les PPDRI, présentés par les porteurs de projets, selon les procédures décrites plus haut. Les projets sont rattachés à l'un des quatre Programmes par objectifs :

  • Modernisation  et/ou  réhabilitation d'un village ou d'un K'sar

 

  • Protection et valorisation des ressources naturelles (forêt, steppe, oasis, montagne, littoral)

 

  • Protection et valorisation du patrimoine rural matériel (produits du terroir, bâtis, préservation des sites et des produits historiques et culturels, valorisation des manifestations traditionnelles...)

 

  • Diversification des activités économiques en milieu rural (tourisme rural ; artisanat, produits locaux, valorisation des sites culturels, PME/PMI, Énergies renouvelables, Technologies de l'Information et de la Communication ...)


En plus du rattachement à ces 4 Programmes par objectifs, les PPDRI retenus doivent venir alimenter deux niveaux de programmation territoriale. D'une part, ils constituent le Programme de Développement Rural Intégré de la Daïra (PDRID) et d'autre part, en agrégeant les différentes Daïras, ils s'insèrent dans un Programme de Développement Rural Intégré de la Wilaya (PDRIW).

Les activités à mettre en œuvre sont rassemblées autour de cinq dispositifs principaux :

  • Les mécanismes et procédures qui permettent au partenariat de s'épanouir, à la concertation de se dérouler, aux dimensions intersectorielles d'être considérées, aux négociations entre attentes locales et exigences nationales d'être arbitrées, aux initiatives et projets de proximité d'être préparés, soumis et financés et aux actions de bénéficier d'un accompagnement, d'un suivi et d'une coordination.

 

  • La circulation  de l'information qui constitue l'élément déterminant du bon fonctionnement des procédures  et mécanismes précédents. L'information, avec son échange, son partage, son accès facilité, est le flux primordial qui circule entre les niveaux (verticalement) et au sein de chacun d'eux (horizontalement) entre les partenaires et acteurs de la dynamique de développement rural. Il peut s'agir de communication à large échelle, ou de flux d'informations spécialisées selon les besoins de chaque acteur ou de la SNDRD elle-même. Les supports sont multiples, classiques ou novateurs et doivent être adaptés aux utilisateurs et aux besoins de communication entre eux. 

 

  • Le renforcement institutionnel est indispensable pour permettre aux institutions et aux hommes qui les composent de se mettre en phase avec les attentes exprimées par la Stratégie. Il porte sur plusieurs aspects convergents. En premier lieu les améliorations introduites dans les mandats des structures existantes qu'elles soient issues de la sphère publique ou des organisations rurales. En second lieu la formation aux nouveaux mécanismes et à l'utilisation des outils et instruments de la stratégie afin de renforcer les capacités des uns et des autres.

 

  • La facilitation est reconnue comme importante car elle permet de favoriser les mécanismes et leur utilisation, notamment par ceux des acteurs qui jusqu'à présent étaient plus passifs. Elle se différencie de l'encadrement qui était utilisé dans les approches antérieures pour orienter dans une direction préétablie les comportements des ruraux, et de la vulgarisation dont l'objectif essentiel est de faire passer un message. Cette vision nouvelle vise à faire évoluer les modalités traditionnelles d'intervention et les réflexes d'assistanat habituellement rencontrées. Elle donne une place au rôle des animateurs et facilitateurs, à la mise en réseau plus direct entre les acteurs que ce soit dans le domaine technique, méthodologique ou commercial et elle s'appuie aussi sur les formes contractuelles susceptibles de sceller les conditions du partenariat.

 

  • Le financement des actions, projets et initiatives issues de la démarche de développement rural est à considérer dans ses dimensions multiples. Le financement peut se faire par les fonds propres, par des fonds de soutien que l'Etat et ses institutions spécialisées mobilisent ou par le recours au crédit bancaire, sur la base d'une capacité d'épargne des demandeurs. Il est aussi conditionné par l'intérêt social des initiatives et l'intérêt économique et financier qu'elles peuvent générer.



Le Plan d'Opération du PSRR



Les éléments suivants caractérisent le Plan d'opération du PSSR :

  • Le PSRR est organisé en 3 phases : une phase de lancement, une phase de d'évaluation/consolidation et une phase de généralisation, échelonnées sur 6 années.

 

  • Les 3 phases concernent la préparation et la mise en œuvre des PPDRI et les trois niveaux d'agrégation (Plans de développement rural intégré des Daïra, des Wilayas qui constituent le PSRR)

 

  • Elles concernent les différents acteurs institutionnels, aux trois niveaux de partenariat :

 

    • le niveau local avec les porteurs de projets (individus, familles rurales, producteurs, exploitants agricoles, éleveurs, artisans, commerçants, petits entrepreneurs, etc.),

 

    • le niveau intermédiaire avec les instances d'accompagnement et d'appuis (Cellule d'animation des Daïras et comités techniques des Daïras et des Wilayas),

 

    • le niveau central avec les ministères directement ou indirectement impliqués (le Ministre Délégué chargé du Développement Rural pour ce qui concerne les mécanismes et méthodologies, le Ministère de l'Intérieur pour ce qui concerne les collectivités territoriales, le Ministère des Finances pour ce qui concerne les inscriptions budgétaires).

 

Les 19 Directives prises lors de la Conférence Gouvernement-Walis de décembre 2006 sont regroupées en 2 groupes de décision : celles relatives au lancement et la mise en œuvre du PSRR (1 à 7) et celles concernant les mesures d'accompagnement prises par les ministères concernés (8 à 19).

Les actions se rattachent à une ou plusieurs des 5 catégories de dispositifs de soutien (mécanismes et procédures, circulation de l'information, renforcement institutionnel, facilitation et financement).

Elles sont organisées au regard des procédures de budgétisation des financements.

 

Calendrier opérationnel du PSRR 2007-2013


Lancement de la Phase pilote de la mise en œuvre du PSRR (début 2007)

Le Ministère de l'Intérieur et des Collectivités Locales/Walis-Chefs de Daïras

Mécanismes et procédures de circulation de l'information :

Actualisation du Système d'Aide à la Décision pour le Développement Rural (SADDR) en vue de son évolution en Système National d'Aide à la Décision pour le Développement Durable (SNADDD).

Renforcement institutionnel et facilitation :

  • Institutionnalisation des Comités Techniques de Daïras et de Wilayas chargés respectivement de la confirmation et de la validation des Projets de Proximité de Développement Rural Intégrés (PPDRI).

 

  • Institution des Cellules d'Animation de Développement Rural par Daïra et si nécessaire dans certaines communes (à l'appréciation du Wali).

Circulation de l'information et formation :

  • Organisation de séances d'information et de formation autour de La Note Méthodologique pour la mise en œuvre des PPDRI au niveau de chaque Daïra étendue aux Responsables des communes.

 

  • Renforcement institutionnel et circulation de l'information
  • Établissement de la liste des Associations et des Organisations rurales susceptibles d'être mobilisées dans la mise en œuvre des PPDRI et transmission pour la base de données.

 

  • Mécanismes, procédures et facilitation


Formulation des PPDRI autour des axes suivants :

  • Un village ou un K'sar par Daïra, hors chef lieu de commune à moderniser et/ou à réhabiliter;

 

  • Un PPDRI par commune construit autour de l'objectif de « Protection et valorisation des ressources naturelles » (forêt, steppe, oasis, montagne, littoral) ;

 

  • Un  PPDRI par commune construit autour de l'objectif  « Protection et valorisation du patrimoine rural matériel ou immatériel »  (produits du terroir, préservation des sites culturels,...) ;

 

  • Un  PPDRI par commune construit autour de l'objectif « Diversification des activités économiques en milieu rural »  (tourisme rural; artisanat, produits locaux, valorisation des sites culturels, PME/PMI, énergies renouvelables, TIC, etc.).

 

Les actions prévues sont les suivantes : désignation d'un animateur et d'un facilitateur, examen des informations disponibles, organisation de réunions avec les porteurs de projets pour le préparation du PPDRI, identification des impacts et des besoins de financement, confirmation du projet par le Comité Technique de Daïra et présentation pour validation au Comité Technique de Wilaya, approbation par le Wali et transmission aux instances nationales.

 

Première évaluation de la Phase Pilote et identification des Programmes Rural Intégrés de Wilaya
(Lois de Finances 2007 et 2008)
(juillet 2007 Réunion Gouvernement-Walis)

 


Facilitation et financement


Sur la base des atouts, des contraintes, du rythme de rattrapage et en fonction des capacités d'organisation évalués sur la base de la 1ère  phase pilote, identifier le Programme de Développement Rural Intégré de la Wilaya (PDRIW) par sous-programmes et construit dans la démarche PPDRI à réaliser courant second semestre 2007 et l'année 2008.

Seconde évaluation  et identification des PDRIW (Lois de finances 2009-2013) Décembre 2007 - Réunion Gouvernement-Walis.

Mécanismes, procédures et financement

Sur la base de l'évaluation de la mise en œuvre des Programmes de Développement Rural Intégrés par Wilaya et après éventuelle actualisation des nomenclatures et de quelques procédures de mécanismes utilisés dans l'encadrement des projets, préparer la consolidation (2008) et la généralisation  (2009-2013) du Programme de Soutien au Renouveau Rural (PSRR) par wilaya.

Mesures à prendre par différents Ministères


Le Ministère des Finances

  • Financement et mécanismes et procédures

 

  • Création par la loi de finances complémentaire 2007 auprès du Ministre de l'Intérieur et des Collectivités d'un Compte Spécial abritant les ressources destinées au Programme de Soutien au Renouveau Rural (PSRR) et dont l'ordonnancement sera confié à chaque Wali.

 

  • A  l'effet de faire émerger un guichet unique dans les zones rurales qui sera utilisé en début du processus : la banque (La BADR spécialisée dans le financement de l'agriculture et du développement rural ) recevra les dossiers des porteurs de projets inscrits dans un PPDRI, les évaluera  et apposera sa décision qui constituera une donnée au titre de différents dispositifs publics (ANSEJ-CNAC-PME-FNDIA-FDRMVTC ...).

 

  • Pour contourner l'insuffisance d'apport en ressources des promoteurs et l'insuffisance de garanties, les différents fonds intervenant dans le dispositif de soutien aux activités économiques seront orientés en dépenses vers cet objectif (garantie, apport financier,  bonification ...).

 

  • La BADR, voir plusieurs banques publiques et la CNMA, étudieront la possibilité de création d'une filiale dédiée à la micro-finance uniquement

 

  • Renforcement des opérations du Cadastre Général et l'assainissement du Foncier agricole  


Pour le Ministre Délégué chargé du Développement Rural

  • Mécanismes et procédures et circulation de l'information

 

  • Faire évoluer le Système d'Aide à la Décision pour le Développement Rural (SADDR) en Système National d'Aide à la Décision pour le Développement Durable (SNADDD)

 

  • Conception et élaboration d'un logiciel de suivi-évaluation par impact des Programmes de Développement Rural Intégré par Wilaya (PDRIW) et du Programme de Soutien (SIPSRR) et formation des utilisateurs


Renforcement institutionnel et formation

  • Élaboration du Programme de renforcement des capacités humaines et de l'assistance technique et lancement de sa mise en œuvre au profit des administrations locales, des organisations rurales (associations, organisations professionnelles,  femmes rurales, et autres ...)


Mécanismes et procédures et circulation de l'information

  • Ouvrir un chantier pour l'élaboration d'un code rural  et mise en place d'un groupe de travail et de consultants spécialisés

 

  • Proposer au Gouvernement la création d'un Observatoire dédié au Développement Rural


Le Ministère de la Communication

  • Élaboration d'un plan de communication et d'actions aux fins de réduction des distances avec la réalisation d'émissions spécialisées, la mobilisation des radios locales et l'étude de la création d'une chaîne thématique télévisuelle.

 

 

 Jeunesse : Faillite de l'Etat
(Document publié le 24 octobre 2007 par le Quotidien d'Oran)

 

 

Le président de la République a reconnu hier, que l'Etat a failli dans la prise en charge de la jeunesse, en s'abstenant d'investir dans l'immatériel entre autres le sentiment patriotique, les repères identitaires et culturels ainsi que les valeurs fondamentales de la société et de la République.

Ce
constat, Bouteflika l'a fait par rapport à son évaluation de l'état du pays en matière de développement matériel (au vrai sens du terme). Il dira sur un ton amer que «je ne connais pas beaucoup de pays qui ont consenti autant de moyens pour satisfaire les besoins des jeunes, qui ont accordé d'aussi importants budgets dans le domaine de la culture ou du sport ». Il s'impose des rappels. « Près de 10 millions de nos enfants se trouvent aujourd'hui dans les écoles, les universités et les centres de formation. Des milliers d'infrastructures sportives et culturelles ont été réalisées. Depuis le début de la décennie actuelle, l'Etat a consacré près de 150 milliards de DA au seul secteur de la Jeunesse et des sports dans le cadre des programmes d'équipement ». Il note aussi « des centaines, voire des milliers de projets ont été réalisés dans les autres secteurs en charge de la Jeunesse (...), des fruits de cet effort (...) le taux de succès au baccalauréat a dépassé pour la première fois la barre des 50 % (...), l'effectif des étudiants avoisine le million et les centres de formation professionnelle accueillent aujourd'hui plus de 500.000 jeunes ».

Mais il en vient à l'essentiel et affirme que « la cellule familiale s'est déstructurée et n'a pas été remplacée par une cellule saine, ce qui a provoqué la perte de la jeunesse et c'est notre sujet aujourd'hui ». Le chef de l'Etat avoue « ce problème (NDRL : la jeunesse) constitue un des aspects, sans doute le plus grave, du problème général que pose la poursuite du processus de redressement national ». Ainsi reconnaît-il, « malgré l'importance du travail accompli pour la création d'un environnement favorable au développement de la jeunesse et à son insertion active dans la société, de graves problèmes menacent aujourd'hui la nouvelle génération ». Aussi dit-il, « les politiques nationales n'ont pas toujours été à la hauteur des attentes de nos jeunes. Elles ont en particulier manqué d'efficacité et de cohérence du fait de l'absence de mécanismes opérationnels de concertation et de coordination des diverses institutions chargées des questions de la jeunesse ». Le constat de « la déconnexion de la relation entre les jeunes et l'action des pouvoirs publics » est ainsi établi. Résultat : « notre jeunesse s'est progressivement enlisée dans une crise profonde qui se manifeste en particulier par un affaiblissement du sentiment patriotique, une perte des repères identitaires et culturels, un éloignement des valeurs fondamentales de la société et par de grandes difficultés à se doter de perspectives d'avenir », constate le chef de l'Etat. Il estime que ce sont là « autant de signes qui prédisposent le jeune à toutes sortes de déviances et d'extrémismes et l'exposent, souvent injustement, à la stigmatisation collective ». Pour en déduire que « cette crise - car c'en est bien une - doit être traitée avec courage et lucidité ». Pour Bouteflika, « nous devons résorber le décalage des approches antérieures, par rapport à un contexte plus complexe, où l'environnement social ne joue plus le même rôle intégrateur et les parcours individuels de plus en plus erratiques, avec comme conséquence une fragilisation de la condition juvénile, une perte de confiance dans les systèmes décisionnels publics et une forte désaffection vis-à-vis de la vie publique en général ». Il ne manquera pas à l'évidence d'évoquer « les harragas, néologisme affreux et tragique qui illustre la gravité de la crise de la jeunesse » et « le phénomène des kamikazes » pour affirmer que «le problème du devenir et de l'avenir des jeunes est plus que jamais posé aux pouvoirs publics ». Il interpelle « l'Etat et les collectivités locales sur leur politique de la jeunesse, (...) surtout en ce qui concerne les mesures nécessaires destinées à mettre nos jeunes à l'abri de l'instrumentalisation à des fins criminelles, à les dissuader de la recherche désespérée des visas pour l'étranger ». A sa question « comment redonner à nos jeunes confiance en leurs propres capacités et dans les institutions de leur pays ? », le président avance comme réponse l'initiation d'une politique nationale et son inscription « dans une démarche globale, intégrative et coordonnée autour des objectifs de promotion du scoutisme et des activités éducatives, du sport scolaire, de l'éducation à la citoyenneté, de l'insertion sociale, l'animation culturelle, scientifique et de loisirs, de l'écoute, du dialogue, de l'information et la communication ainsi que de la prévention et la sauvegarde de la jeunesse ». A la seule condition selon lui, que « les différents secteurs de l'Etat lui-même ayant en partage la lourde responsabilité de la jeunesse, s'accordent sur les objectifs stratégiques et les actions prioritaires à mener pour répondre aux besoins des jeunes (...)».

En plus « d'une implication et d'une participation plus active des jeunes eux-mêmes dans l'édification de leur avenir», il plaide pour « une approche intersectorielle » pour « une meilleure synchronisation des programmes et des activités propres à chacun des secteurs en charge des jeunes ainsi que des associations de jeunesse». Le président demande pour cela qu'il soit apporté les correctifs nécessaires aux dispositifs actuels, aux systèmes d'enseignement, notamment celui professionnel. « L'Etat doit également aider à l'émergence d'une vie associative rénovée et la soutenir dans le cadre d'un vrai partenariat », dit-il. Il lance un appel aux jeunes pour « s'organiser et auront pour cela tout le soutien des autorités et pourront participer pleinement à la conception et à la réalisation des projets qui les concernent (...)».

 

 

  20 Douars revitalisés par le PPDRI
(Document publié le 31 octobre 2007 par le quotidien Le Maghreb )

 

 

Le désenclavement des agglomérations rurales et montagneuses demeure un axe prioritaire inscrit par l'autorité de wilaya dans le programme de développement local. La période d'insécurité a accentué la paupérisation de ces établissements humains qui ont subi un flux migratoire important. Etant démunie de tous moyens d'existence et confinée dans un état d'isolement et de précarité, cette population a été privée durant une longue période de toutes infrastructures et commodités nécessaires à la vie. Pour revitaliser ces espaces ruraux et stabiliser la population sur ses terres, des actions soutenues qui se traduisent par les projets de proximité de développement rural intégrés (PPDRI) ont été lancés depuis l'année 2004 au profit des populations des communes déshéritées  de six (06) daïras, en l'occurrence Sidi Amar, Damous, Gouraya, Cherchell, Ahmer El Aïn et Bou Ismaïl.
 

Ce programme de développement rural qui vise à créer des synergies entre les dimensions économiques, sociales et environnementales est  fondé sur des actions collectives et individuelles à même d'améliorer les conditions de vie et de sécurité alimentaires des populations en milieu rural.
 

En effet, onze communes qui englobent vingt douars les plus reculés ont bénéficié du PPDRI qui a permis la plantation de 85 000 arbres fruitiers et l'acquisition de 5 000 ruches pleines, constituant ainsi des sources de revenus non négligeables pour les agriculteurs. Aussi pour faciliter l'accès des usagers dans les chaînes montagneuses inaccessibles, il a été procédé, grâce à ce programme, à l'aménagement et à l'ouverture de 91 km de pistes.
 

Le renforcement de l'AEP des zones rurales n'est pas en reste étant donné que 41 puits et 7 sources ont été aménagés et réhabilités en plus de l'opération de l'amélioration foncière sur une superficie de 78 ha.
 

L'impact de ces projets au niveau de la wilaya de Tipasa a fait renaître l'espoir dans 20 douars si bien que 1300 ménages vivent de ces projets et 1700 emplois ont été créés. Une enveloppe budgétaire de 225 millions DA a été allouée pour concrétiser toutes ces actions.

 

 

   Lutte contre la pauvreté dans le monde : le développement rural à la rescousse
(Document publié le 03 novembre  2007 par le quotidien L'Expression )

 


Le développement rural constitue une aubaine pour les pays émergents dans leur démarche de lutte contre la pauvreté. En Algérie, s’il y a bien un secteur où existe une stratégie d’action, c’est bien celui du développement rural. Une politique de restructuration et de redynamisation a été tracée cela depuis quelques années. Ainsi,  ce secteur a été indiqué par les institutions financières internationales comme un moyen de lutte contre la pauvreté. Le dernier rapport de le Banque mondiale intitulé - L’agriculture au service du développement  - vient de soulever l’ampleur et l’intérêt du développement. Le but majeur est de venir en aide à environ 600 millions de ruraux dans le monde qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. De ce fait, l’urgence d’investir et de pousser la charrue vers l’avant, est une priorité à laquelle tous les pays, y compris les pays en mutation, doivent se consacrer. Dès l’année 2000, le gouvernement algérien a intégré le secteur du développement rural au centre de ses préoccupations en lançant plusieurs programmes de réhabilitation. Cette nouvelle vision s’est basée sur une logique d’un plan national qui consiste à exploiter d’une manière rationnelle le territoire national, le valorisation et l’exploitation des ressources naturelles, ainsi qu’une opportunité de protéger et valoriser le patrimoine historique  et culturel Sur les 1 541 communes que compte l’Algérie, 948 sont rurales. Un nombre humain très important qui avoisine plus de 13 millions. Ce qui signifie que la relance d’un secteur pareil est loin d’être impossible. Néanmoins, les constatations faites à ce sujet restent alarmistes. Relève-t-il d’un dysfonctionnement au niveau du terrain ? Si le programme est appliqué de sorte à avoir plus de prospérité, pourquoi sommes-nous, après presque 5 ans du lancement de ce projet,  en panne de bons résultats ? Dans un cadre méditerranéen, l’Algérie a établi un autre plan de développement avec les pays de la rive méditerranéenne. Un programme qui s’étale de 2007 à 2013 pour adopter de nouvelles formes du renouveau rural.

Le rapport recommande l’amélioration du climat des investissements afin de favoriser les activités rurales non agricoles. Aussi, des programmes d’emplois pourraient être mis en place pour une réelle réactivation rurale.

Dans le continent asiatique, seulement la partie est a fait preuve d’avancement. « En Asie de l’Est,  la croissance  agricole a permis de faire reculer considérablement la pauvreté rurale au cours des 15 dernières années », a expliqué François Bourguignon, économiste en chef à la Banque mondiale et premier vice-président en économie du développement. S’agissant des habitants du Sud, le nombre des ruraux pauvres ne cesse d’augmenter.

Les économies en mutation rapide doivent passer de la révolution verte à  une nouvelle agriculture à forte  valeur ajoutée, car la montée en flèche des revenus urbains et  la demande des villes en  produits à  forte  valeur ajoutée sont entrain de devenir les moteurs de la croissance agricole et de la réduction de la pauvretéindique-t-on dans le rapport. « Partout  dans le  monde les pays doivent aplanir les différences de traitement dans les échanges commerciaux, et les associations de producteurs agricoles et les autres organisations locales doivent être impliquées davantage dans la définition des politiques », a-t-il  ajouté.

 

 

 

 سنة   2008 ستكون الانطلاقة الفعلية لبرنامج التجديد الريفي : ألف خلية للتنشيط الريفي و5 ملايير دينار لدعم المشاريع
(Document publié le 14 novembre  2007 par le quotidien El Khabar  en langue nationale )

 


 
كشف الوزير المنتدب لدى وزارة الفلاحة المكلف بالتنمية الريفية عن آلية جديدة لتشجيع المشاريع الجوارية، تتمثل في تشكيل أكثر من 1000 خلية للتنشيط الريفي يبدأ العمل بها ابتداء من 2008 في إطار برنامج دعم التجديد الريفي الذي خصصت له 5 ملايير دينار في .2008
أوضح رشيد بن عيسى، في تصريح لـ''الخبر''، بأن عملية تجسيد برنامج دعم التجديد الريفي الذي تمت المصادقة عليه في ديسمبر 2006، أثبتت حاجة القطاع إلى فضاء تشاوري وتنسيقي بين مختلف القطاعات والمجالس المنتخبة البلدية ذات الطابع الريفي، ما دفع إلى التفكير في إنشاء خلايا التنشيط الريفي التي تتشكل من عدة أطراف أهمها أصحاب المشاريع الجوارية، الإدارة التقنية المحلية والجمعيات المهتمة بقضايا الريف.
وقال بن عيسى بأن ''المجالس المنتخبة التي ستنبثق عن محليات 29 نوفمبر ستكون لها طريقة جديدة وفرص لاقتراح مبادرات ناجعة لصناعة مشاريع ريفية مندمجة سواء الجماعية أو الفردية''. الخلايا الجديدة ستكون بمثابة نقطة انطلاق المشاريع، حيث يجتمع أعضاؤها لتقييم ومناقشة ملفات طالبي المشاريع وإبداء رأيهم فيها، ثم يرفع التقرير إلى رئيس الدائرة الذي يدرس بدوره طبيعة المشروع لتحديد مصدر التمويل ثم يقدم تقريره للولاية للمصادقة عليه.
وأضاف المسؤول ذاته أنه وبعد اعتماد 2007 سنة دعم التجديد الريفي، ستكون 2008 سنة لتقوية الدعم للبرنامج الذي يمتد إلى غاية 2013، وقد تم إلى حد الآن تنصيب أكثر من 1000 خلية. كما تم في إطار مشروع قانون المالية والميزانية لسنة 2008 تخصيص 5 ملايير دينار لدعم مشاريع التجديد الريفي، علما أنه تم تسجيل 1500 مشروع، 700 منها انطلق إنجازها.

 

 

 

L’exode rural continue à Béjaïa :  Le programme de renouveau à l’épreuve du terrain
(Document publié le 19 novembre 2007 par le quotidien El Watan)

 


 

Durant les années 1990, ce sont 1000 familles qui ont déserté Kendira pour la ville de Béjaïa. L’exode rural a des effets négatifs sur l’agriculture de montagne. Des plans pour freiner ce phénomène ont été lancés.

Les pouvoirs publics misent sur le Programme de soutien au renouveau rural (PSRR) pour stopper le phénomène de l’exode rural. Béjaïa se trouve être une wilaya qui est confrontée à ce phénomène. Quelle est la portée de ce programme sur le terrain ? L’exode rural est un phénomène qui prend de sérieuses proportions. Et le constat est fait depuis plusieurs décennies, mais aucune politique publique n’est venue en atténuer les effets. Le sujet est certes l’objet de thèses débattu lors de rencontres entre initiés (les chercheurs en sociologie, notamment) mais aucun acteur, du monde politique ou de la société civile, n’a fait son cheval de bataille pour l’inscrire enfin sur l’agenda politique. A Béjaïa par exemple, le chef-lieu de wilaya et sa plus proche banlieue et la commune de Oued Ghir ont eu à absorber plusieurs exodes successifs. Ce qui avait vidé dramatiquement

 

 

 

 5 milliards de dinars pour les jeunes
(Document publié le 19 novembre 2007 par le quotidien l'Expression)

 


Le discours prononcé par le président de la République lors de la dernière rencontre gouvernement-walis, semble se concrétiser sur le terrain. Cinq milliards de dinars seront réservés à près de 1000 comités d’animation ruraux formés par des jeunes et répartis sur la majeure partie du territoire national. Outre ce projet, une stratégie d’action qui se projette jusqu’à 2013 est déjà établie. Cette démarche, qui repose sur une stratégie ficelée pour les dix années à venir, renseigne sur l’intérêt accordé en haut lieu au milieu rural. «Le sort de toute action et de tout programme envers la jeunesse se décide en milieu rural», a déclaré dernièrement un responsable de la Banque mondiale. En d’autres termes, le milieu rural constitue le baromètre des actions envers la jeunesse.

 

 

 

 Crise agricole, crise du développement
(Document publié le 24 novembre 2007 par le quotidien El Watan)

 


 

L’Algérie a connu, durant les quatre dernières décennies, une dynamique démographique forte, qui a rompu divers équilibres économiques et sociaux. Equilibre population-ressources naturelles agricoles, qui conduit à une dépendance alimentaire croissante.

L’essentiel des denrées de base est importé. Déséquilibre population active agricole-terres de culture disponibles. La pression démographique sur les terres a généralisé la micro-exploitation. La grande majorité de ceux classés comme exploitants agricoles n’a pas assez de terres pour s’employer plus de 100 jours dans l’année et produire le minimum indispensable à l’entretien des familles. Cette situation présente de grandes similitudes avec celle de l’Europe des campagnes des XXIIIe et XIXe siècles : surcharge démographique, faim de terre et crises vivrières. L’émigration massive vers l’Amérique et les colonies blanches d’Australie, de Nouvelle-Zélande, d’Afrique et l’industrialisation sont venues à bout de cette crise. Durant le dernier demi-siècle, la production a été multipliée par trois et la population agricole active n’excède pas les 5% en moyenne, de la population active totale. De nos jours, les conditions pour les pays du Sud sont évidemment différentes. Les territoires sont fixés et n’offrent plus d’accueil aux flux migratoires massifs ; le développement industriel doit tenir compte, désormais, des conditions concurrentielles imposées par les pays industriels avancés. Il est clair qu’à défaut d’une alternative pour transférer les surplus de main-d’œuvre agricole vers d’autres activités, à plus forte productivité, la crise agricole et la crise de développement ne pourront que s’approfondir.

1- Surcharge démographique et déficit alimentaire

En quatre décennies, la population de l’Algérie a été multipliée par trois, passant de 10 millions en 1962 à 32 millions en 2001. Elle doit continuer à croître dans les prochaines années, selon les prévisions, à 41 millions en 2020 et 50 millions en 2050. L’exode rural a alimenté une forte croissance urbaine, sans pour autant réduire en volume le nombre de ceux qui vivent à la campagne, 7 millions en 1962 et 12,3 millions en 2001 (40% de la population totale). Après des taux de croissance très élevés — 3,2% par an (1967-1977), 2,2% (1977-1987), 1,6% en 2005 — la population connaît sa transition démographique, avec retard sur les pays de la région, la Tunisie notamment. L’indice de fécondité est en forte baisse, (2,9 enfants par femme) en réduction sensible par rapport à la décennie 1977-1987 avec 4,4 enfants. La transition démographique prend la forme d’une élévation de l’âge au mariage ; 29 ans pour les femmes, 31 ans pour les hommes. Elle accompagne, par ailleurs, l’accès des femmes au travail rémunéré (17% de la population occupée) et les gains en éducation, par la scolarisation généralisée des filles. Cette dynamique démographique a rendu plus flagrant le déséquilibre ressources agricoles naturelles-population, déséquilibre déjà signalé dès 1930 par l’Algérie coloniale. Les superficies cultivables ne représentent que 3,5% des 2 millions de kilomètres carrés que compte le pays, 8,4 millions d’hectares, soit 0,23 ha par habitant, superficie très faible si l’on tient compte de la norme de 0,6 ha nécessaire pour couvrir les besoins alimentaires de base par la production domestique. Encore que ces terres ne sont exploitées qu’à 65%, du fait de la pratique de la céréaliculture associée à la jachère. Comme partout en méditerranée, les limites des cultures ont été atteintes. La protection des sols contre l’érosion nécessiterait même le recul des cultures et la réhabilitation de larges zones soumises à l’érosion. Dotée d’une base foncière étroite, l’Algérie doit importer l’essentiel de sa ration calorique : blés, oléagineux, produits laitiers, sucre sont importés en grande quantité. La dépendance à l’égard des céréales, blé dur et blé tendre, qui fournissent encore 55 à 60 % des calories de la ration alimentaire, est particulièrement élevée. La production domestique ne couvre que 30 % environ des besoins ; 5 millions de tonnes de blé sont importés en moyenne pour une consommation de 7 à 8 millions de tonnes. D’ici à 2015, selon les prévisions de la FAO, les importions atteindront 8 millions de tonnes. La production plafonne à 2,5 millions de tonnes en moyenne. L’agriculture n’a pas encore fait sa première révolution agricole, celle des temps modernes qui a vu le remplacement du vieux système antique, céréales avec jachères, par le système céréales sans jachères, le passage d’un système extensif de culture et d’élevage à un système semi intensif ou intensif. Ce passage a permis à l’Europe, entre 1950 à 2000, de multiplier sa production agricole par trois. En Algérie, depuis le début du siècle précédent, le système céréalier avec jachère est reconduit. Blés-orge occupent toujours les 4/5es des terres labourées. La productivité des terres, mesurée par le rendement des cultures, est des plus faibles : 8 à 10 quintaux tous les deux ans, 3 millions d’hectares ensemencés, 3 millions en jachère. Les rendements obtenus, tous les ans, dans les systèmes de culture sans jachère, sont de 35 quintaux USA, équivalent céréales, 80 quintaux en Europe. La Tunisie dans des conditions de climat et de sol analogues a réduit sa jachère à 13% de ses terres labourables. La production agricole n’a donc pas fait de progrès significatifs avec un taux de croissance de l’ordre de 1% par an, croissance inférieure à celle de la population 1,6%. A consommation par tête constante, il faut importer chaque année davantage. La facture alimentaire s’est élevée en 2006 à quelque 3,6 millions de dollars. Aux nouveaux prix de 2007, ceux des céréales ont plus que doublé, ils pourraient approcher les 7 à 8 milliards de dollars dès 2008.

2- Une agriculture à surplus de main-d’œuvre

A la différence des pays industrialisés, la population active des ménages agricoles, âgée de 15 ans et plus, est encore loin d’amorcer sa décrue. Si elle baisse en valeur relative, 70% en 1954, 27% en 2001, elle triple en valeur absolue, passant de 1 032 000 (1954) à 3 349 000 en 2001. Les terres cultivables ne se sont pas étendues en proportion de la population. Le recensement de 2001 donne une superficie agricole utile (SAU) de 8 458 680 ha, en augmentation de quelque 650 000 ha par rapport aux années 1960, 7 800 000 ha (+ 8%) ; ce qui ne laisse pas de surprendre, compte tenu des superficies livrées à l’urbanisation et aux infrastructures. Il est probable que ces terres sont gagnées sur les zones marginales, consacrées jusque-là à l’élevage ovin extensif, les plus sensibles au danger de l’érosion et de la dégradation des sols.

Les céréales, qui occupaient 3 millions d’hectares environ dans les années 1960, gagent 900 000 ha, idem pour la jachère qui s’accroît de 400 000 ha (3 350 290) ; associées, céréales et jachères occupent désormais 7 347 000 ha, soit 86,7% de la SAU totale (+ 4,7%), ce qui accentue encore le caractère extensif des systèmes de culture et d’élevage. Chaque agriculteur recensé en 2001 ne disposait plus que de 3,3 ha en moyenne, superficie insuffisante pour l’employer et le nourrir. La main-d’œuvre disponible sur l’exploitation excède de beaucoup ce qui est nécessaire à la production. L’emploi dépend de plusieurs variables, la superficie disponible, le système de culture, les moyens de travail. La demande de travail nécessaire à la production, évaluée à partir de normes techniques par activité, a peu évolué ces cinquante dernières années. En 1959, les besoins de la production étaient chiffrés à 170 millions de journées de travail, 148 millions en 1970, 160 millions en 1990, 180 millions en 2000. Les changements intervenus dans les cultures, arrachage de 350 000 ha de vigne (180 jours de travail, ha), et dans les techniques de culture, motorisation ont peu influé dans la répartition entre grandes catégories d’usage du sol. Dans les années 1970, la mécanisation des cultures s’est substituée au travail manuel. Les techniques traditionnelles de labours avec les animaux de récolte manuelle ont été détrônées par les travaux motorisés plus compétitifs. La culture céréalièrs, en assolement à jachère, 83% de la SAU, a perdu ainsi plus de la moitié de son emploi. Le volume de travail nécessaire à la production est tombé de 48 millions à 12 millions de journées.

3- Des exploitations plus nombreuses et plus petites :

La démographie exerce également ses effets sur les structures foncières des exploitations, plus nombreuses et plus petites. Elles étaient 630 000 au début des années 1960 et elles sont 1 023 000 en 2001 ; un accroissement de 62%. La superficie moyenne par exploitation est passée de 11,9 ha à 8,26, soit moins 30%. Toutes les classes d’exploitations perdent de la superficie. Les micro-exploitation passent en moyenne de 4,74 ha à 3 ha. Les moyennes de 23 à 21,7 ha, les grandes de 273 ha à 186 ha. Les pertes les plus importantes sont enregistrées par les grandes exploitations, plus de 100 ha, dont les superficies cultivées passent de 41% de la SAU totale à 11,7% et la superficie moyenne de 273 ha à 186. Les micro-fonds, moins de 5 ha, et les petites exploitations, de 5 à 20 ha, constituent désormais près de 90% du total des exploitations. L’extension considérable du minifudisme, moins de 10 ha, avec 3 ha en moyenne par exploitation, qui ne peut ni nourrir ni occuper les actifs des ménages agricoles, est la conséquence des ruptures d’indivision. Le partage du patrimoine entre les héritiers, autrefois l’exception, est aujourd’hui la règle. Il conduit les héritiers à s’installer sur des exploitations de plus en plus petites. La majorité, 60% des exploitations, est sortie de l’indivision. Les ruptures d’indivision, qui créent autant de nouvelles exploitations qu’il y a d’héritiers, accompagnent le démantèlement des structures familiales. Le modèle de la famille traditionnelle, rurale, étendue du point de vue de la parentèle et des générations, est aujourd’hui en disparition. L’unité domestique, composée d’un seul foyer matrimonial réduit aux conjoints et aux enfants, s’est non seulement généralisée dans les villes mais s’impose également dans les campagnes. Le fractionnement des exploitations n’est pas seulement la conséquence de la pression démographique sur la terre, les mesures foncières appliquées depuis la fin les années 1980 ont conduit au démembrement des grands domaines agricoles et à la généralisation de l’exploitation individuelle des terres du domaine de l’Etat, donc à la substitution de petites exploitations aux grandes exploitations. En individualisant les droits d’exploitation du domaine agricole de l’Etat hérité de la colonisation et de la réforme agraire, le nouveau régime des terres publiques a ouvert la voie au démembrement des grandes exploitations. A la fin des années 1970, les domaines agricoles socialistes (DAS), couvraient 1200 ha en moyenne, 42% de la SAU totale avec 3 252 680 ha. En 2001, les exploitations de plus de 100 ha ne cultivent plus que 990 825 ha, soit 11,7% de la SAU. La taille (exprimée en SAU) est un facteur important de la capacité des exploitations à se moderniser et à absorber le progrès technique en agriculture. En Europe, la diminution considérable du nombre d’exploitations agricoles et l’augmentation de la superficie par actif ont soutenu la création d’exploitations de plus en plus grandes. Les exploitations de plus de 100 ha sont les seules à augmenter en nombre et en superficie. Elles couvrent désormais plus de la moitié de la SAU totale, 56 %. A l’inverse, les moins de 20 ha disparaissent progressivement. Elles ne totalisent plus que 6% de la SAU. Les politiques foncières et agricoles se sont efforcées de mettre en place « des exploitations viables », celles qui occupent à plein temps une unité de travail homme (UTH), le chef d’exploitation aidé ou non par les membres de sa famille, qui dégage un revenu à parité avec le revenu moyen des autres activités non agricoles. Les exploitations en dessous de ce seuil d’emploi, de revenu, disparaissent progressivement et nourrissent le mouvement de concentration des terres. En Algérie, comme d’ailleurs dans les autres pays sous-industrialisés, c’est un processus inverse qui se déroule. Les exploitations se fractionnent, la superficie par actif diminue. Le Maroc et l’Algérie sont aux plus mauvaises places. Les exploitations de plus de 50 ha ne cultivent en Algérie que 22,7% de la SAU totale, 21,8 % au Maroc, mais 40% en Tunisie, et 77% en France. L’extension du minifundisme pose le problème de la modernisation agricole. L’accès au progrès technique et agronomique n’est en effet pas indépendant de la superficie exploitée. Cette question a fait, un moment, débat. On a pu soutenir que la dimension de l’exploitation ne constituait pas un obstacle à l’adoption des technologies modernes de production ; inputs biologiques, chimiques, mécaniques… sont parfaitement divisibles. Les petites exploitations comme les grandes ont accès aux mêmes facteurs de production. Au demeurant, les fonctions objectives des petites et des grandes exploitations ne sont pas les mêmes. Les USA, qui possèdent de grandes superficies cultivables, privilégient la productivité par travailleur sur le rendement à l’hectare. La Hollande, dont les superficies agricoles sont limitées, recherche à combiner productivité du capital et du travail.

Les systèmes de production sont plus ou moins intensifs en capital ou en travail selon la dotation en terre cultivable. L’exemple de la révolution verte en Inde a cependant montré que les grandes exploitations ont davantage mobilisé le progrès technique que les petites. Dans le processus d’intensification de la culture, la maîtrise des moyens mécaniques et de financement des dépenses de production, (engrais, désherbants, semences) est évidemment essentiel pour le plein accès au progrès technique. En d’autres termes, seules les exploitations, d’une certaine dimension, suffisamment équipées, disposant de trésorerie ou ayant accès au crédit, peuvent réellement s’engager dans un processus de modernisation des techniques de culture. Une enquête menée en Tunisie du Nord sur la relation entre rendement en céréales et taille de l’exploitation, montre l’écart important entre les exploitations de moins de 50 ha et celles de plus de 50 ha. Les petites ont un rendement de 10 quintaux à l’hectare en moyenne, les grandes de 16 quintaux (+ 60%). Les exploitations de plus de 100 ha, qui cultivent 20% des superficies employées, produisent 40% des céréales. En Europe comme aux USA, les grandes exploitations, 10 à 15% de la superficie cultivée totale, fournissent de 60 à 70% de la production.

4- Le transfert de surplus de main-d’œuvre et l’alternative industrielle

Le surpeuplement des campagnes est rendu plus aigu par l’absence d’une alternative industrielle. L’Algérie n’est plus un pays agricole, elle n’est pas encore un pays industrialisé. Elle n’en affiche plus l’ambition. Depuis 4 décennies, la part de l’agriculture a sensiblement diminué dans le PIB, passant de 17% dans les années 1960 (30% de la population active) à moins de 10% en moyenne les dernières années : 8,7 en 1984, 9,5 en 2000, 9,8 en 2001. Le recul de l’agriculture ne s’est pas effectué au profit de l’industrie, qui voit également sa contribution à la valeur ajoutée totale fortement diminuée, 16% au début des années 1970, 18% dans les années 1980, 8% pour 2000-2004, 6,7% en 2005. Le transfert de la population agricole en excédent vers d’autres activités, des secteurs à faible productivité vers les secteurs à plus forte productivité, a constitué le cœur de la réflexion sur le développement (Arthur Lewis 1950). Le transfert de la population en surnombre, soit la population que l’on peut retirer sans modifier l’outpout agricole, permet d’accroître la superficie agricole et la production par travailleur.

Le schéma du cycle vertueux de croissance place l’agriculture au centre du processus d’accumulation et détermine le régime d’accumulation. Les gains de productivité de l’agriculture sont transférés à l’industrie sous forme de baisse des prix agricoles relatifs, permettant d’accroître les profits industriels. En outre, la chute des prix réels agricoles libère du pouvoir d’achat et l’accès aux biens manufacturés. La part relative de l’alimentation décroît, tandis que celle des autres biens et services s’accroît. Dans ce processus vertueux, le transfert de la population en surnombre, celle qui n’est pas nécessaire à la production, est l’élément déclencheur. L’économiste américain Galbraith soutiendra l’idée que le succès de l’agriculture américaine était dû à l’industrie : « Le développement industriel avait été capable de fournir à l’agriculture les moyens de sa modernisation, l’élargissement de ses marchés et l’écoulement de sa production, mais surtout d’avoir été en mesure de la soulager de son trop-plein de main-d’œuvre. » Jusqu’au milieu du XXe siècle en Europe, les industries s’implantent massivement à la campagne, offrant du travail aux paysans parcellaires qui ne sont pas pleinement employés sur leurs exploitations. Le salaire versé par l’industrie complète le revenu agricole insuffisant à la reproduction de la force de travail. De nos jours en Thaïlande, comme au Vietnam, les modalités de salarisation de la main-d’œuvre industrielle reposent largement sur la catégorie d’ouvrier-paysan. Elles permettent l’accès à un régime rapide d’accumulation. Dans les années 1970, en Algérie, un vaste programme industriel avait été mis en chantier. La stratégie industrielle prenait appui sur l’exploitation des ressources naturelles — gaz, pétrole, minerais de fer, phosphate — pour développer des filières de production de biens intermédiaires et biens d’équipement. La recherche d’une dynamique intersectorielle avait conduit à privilégier la demande de l’agriculture en biens de production-engrais, produits phytosanitaires, machinisme agricole. L’accent est mis sur la construction de secteurs de biens de production nécessaires à la modernisation de l’agriculture, l’usine de tracteurs de Constantine (8000 tracteurs), l’usine de matériel agricole de Sidi Bel Abbès (moissonneuses-batteuses et matériels aratoires), usine de pompes et vannes de Mohammadia, celle des moteurs diesels de Tizi Ouzou. Dans le domaine de la pétrochimie, les grands complexes d’engrais chimiques, engrais azotés et phosphatés de Annaba. Au terme d’une décennie, la demande de l’agriculture en biens de production est couverte par l’industrie locale, les consommations productives de l’agriculture se sont accrues rapidement. La progression moyenne dans l’utilisation des engrais a été de 9,5% par an, passant de 100 000 tonnes à 205 000 tonnes, le parc tracteurs et moissonneuses-batteuses a été multiplié par trois et le petit matériel d’irrigation a fait plus que quintupler. En 1984, le bilan de plus d’une décennie d’industrialisation faisait apparaître des résultats très positifs en termes de production et d’emploi. La VA industrielle atteint 18% de la VA totale, l’emploi est passé de 100 000 (1967) à 500 000. L’effort d’industrialisation est interrompu durant la décennie 1980. Les années 1990-1995 sont des années de recul industriel. La crise de la dette 1986-1999 coupe progressivement l’industrie de son marché domestique sans lui ouvrir les marchés à l’exportation. La demande d’engrais et de produits chimiques de l’agriculture s’est réduite des 2/3 après la réforme des prix des années 1990, celle des machines et des outillages agricoles produits par les complexes mécaniques de Constantine et de Sidi Bel Abbès recule dans les mêmes proportions. Les achats de tracteurs chutent de 3000 unités à 500 unités/an et l’agriculture cesse de renouveler son équipement. Le recul industriel s’est poursuivi durant toutes la décennie 1995-2005. La part de l’industrie, dont la valeur ajoutée totale a été divisée par trois entre 1986 et 2006, chute, elle, de 18,1% en 1986, 10,6% en 1998, 7,5% en 2000 et 6,2% en 2005.

L’industrie a perdu 35% de son emploi. Le couplage agriculture/ industrie n’a pas été mené à son terme, les biens de consommation sont désormais largement importés et l’agriculture est revenue à un emploi extensif des facteurs de production industriels, également de plus en plus importés. Depuis la décennie 1995-2005, l’extraction et l’exportation du pétrole et du gaz se sont substituées aux développements industriel et agricole. Pétrole et gaz fournissent 98,3% des recettes d’exportation, 76% des ressources budgétaires et 45% du PIB.

L’économie algérienne s’illustre par l’effet connu sous le nom du « Dutch desease » (le mal hollandais) : le développement des hydrocarbures s’accompagne de l’éviction progressive des autres activités productives. La fin du pétrole est désormais une perspective incontournable que l’on ne peut plus feindre d’ignorer. D’ici à 2015, il faudra trouver quelque 10 à 15 milliards de dollars pour importer la nourriture dont nous avons besoin. A plus longue échéance, 2050, les réserves d’hydrocarbures seront épuisées. Il est plus que jamais urgent d’investir dans une stratégie de développement industriel capable de lever l’hypothèque lourde qui pèse sur le futur alimentaire de l’Algérie.

 

 

 Rachid BENAISSA dans l'Est du pays  :  Loin des promesses électorales
(Document publié le 27 novembre 2007 par le quotidien Liberté)

 

 

C’est à un nouveau discours politique auquel ont eu droit récemment les populations des communes des wilayas de Khenchela, Batna, M’sila et Bordj Bou-Arréridj de la part de M. Rachid Benaïssa, ministre-délégué chargé du Développement rural. Lors de ses visites vers ces localités, M. Benaïssa a tenu un langage franc et loin des promesses électoralistes. Il a préféré aborder l’avenir du monde rural à travers des paroles simples pleines de visions et de réalisme. Le programme qu’il a tracé pour la période 2007-2013 ne se concrétisera pas, semble-t-il dire, par la démagogie politique, mais plutôt par une conception plus moderne des espaces ruraux et un changement radical de la vie quotidienne dans ces zones.

 

 

 Sétif  : 2,7 milliards de dinars pour la réalisation de projets ruraux de proximité

(Document publié le 24 décembre  2007 par le quotidien El Moudjahid )

 

 

Plus de 2,7 milliards de dinars ont été consentis en 2007 dans  la wilaya de Sétif pour la réalisation de 34 projets ruraux de proximité dans  le cadre du programme de développement rural.  Ces projets déjà lancés au profit de 1.720 familles, a indiqué la responsable  du service de développement rural au niveau de la DSA, Mme Salima Guessoum,  "ont fait l’objet d’une étude technique par la commission de wilaya chargée  du programme de développement rural et sont destinés aux populations  des communes se situant au nord et au sud de la capitale des Hauts-Plateaux".
Les projets retenus, confiés à des entreprises locales, consistent en  la réalisation des logements ruraux, au forage des puits pour satisfaire  les besoins en eau potable et à la construction des bassins et des petits  barrages pour l’irrigation, a précisé la même responsable, ajoutant que la réalisation  de corrections torrentielles et l’amélioration de l’éclairage public sont parmi  les projets retenus au profit des habitants de ces régions rurales "dans le  but d’améliorer leur cadre de vie et d’assurer leur stabilité ".
1L’année dernière avait été marquée par le lancement de 27 projets de  développement rural au profit de 1.160 familles réparties sur 27 régions à travers  24 communes rurales, nécessitant une enveloppe de 1,3 milliard DA, a indiqué  Mme Guessoum. La wilaya de Sétif avait été choisie, avec 11 autres wilayas du pays  classées " wilayas pilotes", pour l’exécution de la nouvelle vision relative  aux projets de proximité de développement rural intégré (PPDRI), rappelle-t-on. Il s’agit de projets destinés à 45 communes rurales sur les 60 que compte  la wilaya de Sétif et dont le nombre d’habitants représente plus de 65 %  de la population globale.

 

 

  Ain Témouchent : engouement pour le programme de développement rural intégré

(Document publié par l'hebdomadaire Liberté-Economie du 26.12.2007 au 01.01.2008)

 

 

Le programme de développement rural intégré (PPDRI) enregistre un véritable engouement au niveau des zones rurales de la wilaya de Ain Témouchent, apprend-on auprès de la conservation des forêts.

Cette dynamique enclenchée dans les campagnes contribuera, selon la même source, au retour des populations rurales et à leur fixation dans leurs terres d’origine, à l’instar des 200 familles bénéficiaires de projets qui ont transformé le visage de Raïda, un lieu-dit situé dans la commune de Oued Sebbah, Daira de Hammam Bouhadjar.

 

Après la concrétisation des premiers projets du PPDRI, les activités agropastorales ont été relancées dans cette région, où les actions de développement multisectoriel sont en train de redessiner la campagne.

Des investissements colossaux ont été consacrés aux diverses actions de développement rural.

La conservation des forêts s’est attachée à réaliser des plantations rustiques et viticoles permettant d’arrêter l’exode et d’améliorer les conditions de vie des populations.

Les efforts axés sur le périmètre montagneux de Tessala, un bassin versant de 45 000 hectares englobant les communes de Tamazoura, Hammam Bouhadjar, Aïn Larbaâ, Sidi Bouniediene et Oued Berkache, ont permis de lutter efficacement contre l’érosion à Oulhaça à l’ouest et Bouzedjar à l’est de Aïn Témouchent.

Selon le conservateur des forêts, le programme sera poursuivi et il sera demandé aux prochains bénéficiaires de s’impliquer dans “une approche participative” du développement local durable.


Il sera procédé, par ailleurs, à l’élaboration d’un schéma directeur pour chaque région où une évaluation rigoureuse du travail accompli sera menée.

 

 

 El-Bayadh : les cellules d’activités de proximité planchent sur plusieurs projets

(Document publié par l'hebdomadaire Liberté-Economie du 26.12.2007 au 01.01.2008)

 

Les cellules d’activités de proximité relevant de la direction des services agricoles (DSA) de la wilaya  d’El Bayadh ont initié dernièrement, l’étude d’une série de projets proposés à l’intégration dans le programme de renouveau rural de proximité, dont l’exécution s’effectuera au début l’année 2008, indique-t-on à la DSA.  Installées à travers l’ensemble des communes et daïras de la wilaya, ces cellules prendront en compte, dans leurs actions, les expériences pilotes lancées, cette année, dans certaines collectivités locales enclavées.

 

Les cellules de proximité activant surie terrain, recensent, précise-t-on, l’ensemble des besoins nécessaires au lancement des projets en question ainsi que les insuffisances relevées sur place, en vue de contribuer d’une manière efficace à la fixation des populations rurales dans leurs terres, tout en améliorant leurs conditions de vie.

 

Dans ce cadre, il est question, également, de l’étude des aspects techniques liés à la qualité des terres agricoles, de leur rendement, ainsi que des cultures susceptibles d’être lancées sur place, pour s’assurer du maximum de conditions de réussite. Les futurs projets, indique-t-on, visent, par ailleurs, à la lutte contre la désertification qui menace la wilaya d’El Bayadh, outre la  préservation des palmeraies dans certaines Oasis à l’instar de Boussemghoune, Brezina et El Benoud.

Enfin, il est attendu de ces futurs projets la génération de nombreux postes d’emplois au profit des fellahs et des jeunes de la wilaya, conclut-on.

 

   Renouveau rural : Valoriser les systèmes d’information

(Document publié par le quotidien Le Maghreb 29 décembre 2007)

 

 
 

M. Mohammedi Salah, chef de cabinet du ministre délégué chargé du Développement rural, a animé, en fin de semaine au siège de l'auditorium de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj, une journée d'étude et de formation à l'intention de l'encadrement technique et administratif
impliqué dans la mise en œuvre et du suivi du programme de proximité de développement rural intégré. Cette session, qui s'adresse aussi bien aux cellules d'animation et de suivi au niveau des communes et des daïras, a vu la participation des représentants de la société civile, les chefs de daïra et les présidents d'APC. Le chef de cabinet du wali de Bordj Bou Arréridj, a, à l'ouverture de cette rencontre, fait un tour d'horizon sur l'application de ce programme au niveau de la wilaya.]M. Mohammedi, dans son intervention, a souligné toute l'importance de l'organisation de cette journée d'étude et de formation sur l'utilisation du système d'information du programme de soutien au renouveau rural (SI-PSRR) à travers un logiciel qui permet le suivi en temps réel, grâce au système Web, tout le processus de finalisation d'un projet PPDRI (montage, formation, confirmation, validation, approbation de mise en œuvre, évaluation et contrôle des projets de proximité de développement rural intégrés).


Il s'agit d'un nouveau partage de l'information via Internet, qui rend compte de l'évolution du programme, illustre son impact économique et social et qui s'inscrit dans l'ordre du véhicule d'une information analysée et uniforme à toutes les structures et autres institutions impliquées dans l'exécution, en parachevant le champ actuel des mutations que subit le monde rural.
L'objet de cette journée d'étude et de formation est d'analyser les formes d'un logiciel qui permet le suivi en temps réel de toutes les opérations, grâce au système Web, explique M. Mohammedi. Et, il s'agit notamment de s'interroger avec les partenaires locaux sur le rôle et la redéfinition des relations qui lient les différentes structures de la mise en œuvre du PPDRI.
Il ressort des interventions des uns et des autres que, l'application du programme de soutien au renouveau rural, a connu un véritable essor, malheureusement la fluidité du système d'information en direction de tous les partenaires de cette politique, notamment en direction de la société civile reste largement à faire valoriser.
 

Une des raisons de cette carence réside dans la difficile accessibilité des collectivités locales aux sources de l'information.
 

Dans la pratique, cette disponibilité est exceptionnelle, peu de communes sont à ce jour connectées à Internet.M. Mohammedi a mis en valeur toute la volonté du ministère délégué au Développement rural visant à mettre à la disposition de tous les acteurs du PPDRI, un site Web aisément accessible où l'on trouve tous les mécanismes et toutes les données de sa mise en œuvre. Un processus thématique d'ailleurs mis en exergue au cours de cette rencontre et qui se veut récapitulatif et mettant fin à l'émiettement de la compréhension et à l'information.
 

Cette initiative du département ministériel du docteur Benaïssa, d'une accessibilité et d'une disponibilité assez large sur le système d'information relatif au programme de soutien au renouveau rural est à l'origine de plusieurs thèmes visant à produire un réseau uniforme à destination de l'ensemble des responsables tant au niveau local que central en charge du dossier.
 

Ce SI-PSRR touche selon les thèmes et les sujets développés au cours de cette journée d'étude et de formation, le renouvellement de la vision du monde rural, les thèmes fédérateurs, la modernisation ou la réhabilitation des villages, la diversification des activités économiques en milieu rural, la protection et la valorisation des ressources naturelles et la protection du patrimoine rural matériel et immatériel.
 

Dans un bref entretien, le chef de cabinet du ministre délégué au Développement rural, M. Mohammedi nous a assuré que ce genre de session de formation et d'étude touchera l'ensemble des wilayas et s'inscrit dans un contexte d'amélioration des relations entre divers acteurs concernés par la mise en œuvre du PPDRI.
 

" Les efforts de coordination et  d'harmonisation entre les différents intervenants doivent désormais répondre au seul souci de rendre plus efficace l'injection d'investissements publics pour donner des résultats probants en matière d'efficience.
 

Le SI-PSRR qui est préconisé et qui s'adresse à l'ensemble des intervenants, mettra fin au cloisonnement et vise une réelle concertation, un environnement institutionnel favorable qui peut jouer le rôle de moteur.
 

A bien saisir les propos de M. Mohammedi, le SI-PSRR crée un contexte et des mécanismes au sein d'une nouvelle stratégie de développement rural durable.
 

A travers ce système, le ministre délégué au développement rural vise comme point de départ de rechercher et de matérialiser un partenariat local, horizontal entre les différents acteurs pour les faire évoluer vers des relations de partenariat et de concertation qui s'inscrivent dans la philosophie de cette stratégie de modernisation du monde rural désormais intégrée aux nouvelles technologies et à l'information.

 

 

Haut de page